Une mise au point signée par une trentaine de personnes, proches ou témoins des événements, conteste les déclarations de Salomon Beas sur le décès de Rodrigue Ndaghué à la Prison Centrale de Douala. Les signataires affirment qu'aucun élément objectif ne permet d'établir une responsabilité médicale des docteurs Modeste Ngono et Frank Kouam, mis en cause par l'ancien communicant du MRC, et appellent à la retenue dans un sujet aussi sensible.
MISE AU POINT ET EXERCICE DU DROIT DE RÉPONSE
À l'attention de Monsieur Michel NGATCHOU Animateur de plateau TikTok
Objet : Rectification des déclarations de M. Salomon BEAS relatives au décès de M. Rodrigue NDAGUEHO
Monsieur,
Les signataires de la présente déclaration agissent en leur qualité de témoins directs ou de personnes ayant vécu les événements évoqués, et entendent exclusivement contribuer à la manifestation de la vérité des faits.
À la suite du direct diffusé sur votre plateforme TikTok le 15 juin 2026, au cours duquel votre invité, M. Salomon BEAS, s'est exprimé sur les circonstances du décès de notre regretté compagnon, M. Rodrigue NDAGUEHO, nous estimons nécessaire d'apporter les précisions suivantes afin de rétablir les faits tels qu'ils se sont déroulés.
Au cours de cette émission, M. BEAS a notamment mis en cause les docteurs Modeste NGONO et Frank KOUAM, leur imputant une prétendue négligence médicale qui aurait contribué au décès de notre camarade.
Il a également laissé entendre que cette situation serait liée à des considérations internes et à des affinités supposées entre le défunt et certaines personnes.
Compte tenu de la gravité de ces affirmations, nous tenons à apporter les clarifications suivantes.
1) SUR LES ACCUSATIONS VISANT LES DOCTEURS MODESTE NGONO ET FRANK KOUAM
À notre connaissance, aucun élément objectif ne permet d'établir une quelconque responsabilité des docteurs Modeste NGONO et Frank KOUAM dans le décès de Rodrigue NDAGUEHO.
Dans son intervention, M. BEAS reconnaît lui-même que le défunt aurait été atteint du choléra, maladie infectieuse particulièrement agressive pouvant entraîner une dégradation rapide de l'état de santé des personnes contaminées.
Par ailleurs, il convient de rappeler que les docteurs Modeste NGONO et Frank KOUAM, bien qu'étant médecins, ne faisaient pas partie du personnel médical chargé de la prise en charge sanitaire des détenus à la Prison Centrale de Douala au moment des faits.
Dans ces conditions, les accusations portées à leur encontre nous paraissent dépourvues de fondement factuel et de nature à porter atteinte à leur réputation.
SUR LES CIRCONSTANCES DU DÉCÈS DE RODRIGUE NDAGUEHO
Selon les informations dont nous disposons et les témoignages des personnes présentes, Rodrigue NDAGUEHO est décédé dans un contexte marqué par une épidémie de choléra qui touchait alors plusieurs détenus de la Prison Centrale de Douala.
Les premiers symptômes observés chez lui ont été signalés par son voisin immédiat de couchage, M. John TENANBOU.
Dans un premier temps,
Rodrigue NDAGUEHO estimait pouvoir surmonter son malaise, pensant souffrir d'une simple indigestion.
Face à l'apparition d'autres cas similaires, notamment celui de Stéphane SOH, la décision a été prise de les conduire dès le lendemain matin à l'infirmerie de la prison, où ils ont été admis et pris en charge.
Au cours de la même journée, plusieurs autres cas se sont déclarés, provoquant une saturation rapide des capacités d'accueil et de traitement de l'infirmerie, déjà confrontée à des moyens limités.
Une opération d'évacuation sanitaire vers des structures extérieures a alors été organisée. Rodrigue NDAGUEHO a notamment été transféré, avec d'autres détenus malades, dans un centre d'accueil situé aux Logements Sociaux de Banga Bakoko, dans l'attente d'une prise en charge médicale appropriée.
D'après les témoignages recueillis auprès de personnes présentes à ses côtés, les conditions de prise en charge sur ce site se sont révélées particulièrement préoccupantes. Il ressort notamment que les malades n'auraient pas bénéficié de l'assistance médicale attendue malgré la gravité de leur état de santé.
C'est dans ce contexte que notre camarade Rodrigue NDAGUEHO a malheureusement perdu la vie.
SUR LES DÉCLARATIONS DE M. SALOMON BEAS
Nous relevons que M. Salomon BEAS n'était pas présent aux côtés des détenus concernés durant les événements évoqués.
Par conséquent, les affirmations qu'il avance ne reposent pas, à notre connaissance, sur une observation directe des faits. Nous estimons donc nécessaire que toute prise de parole publique sur un sujet aussi sensible soit fondée sur des éléments vérifiables et des témoignages de première main.
Le décès de Rodrigue NDAGUEHO demeure une tragédie qui continue d'affecter profondément ceux qui ont partagé avec lui cette période difficile de détention. Son souvenir mérite respect, retenue et vérité.
Nous regrettons que des accusations graves aient été formulées publiquement sans éléments probants, au risque de porter atteinte à l'honneur de personnes nommément citées et d'entretenir une confusion préjudiciable autour des circonstances de ce décès.
En conséquence, nous sollicitons respectueusement de votre part :
➤ La publication intégrale de la présente mise au point sur votre plateforme, dans des conditions de visibilité comparables à celles accordées aux déclarations contestées ;
➤ L'octroi d'un droit de réponse effectif permettant aux personnes concernées de faire entendre leur version des faits ;
➤ L'invitation faite à M. Salomon BEAS de s'abstenir de toute affirmation non étayée susceptible de porter atteinte à l'honneur et à la réputation des personnes mises en cause.
À défaut, les personnes concernées se réservent le droit d'exercer toute action appropriée devant les juridictions compétentes afin de faire valoir leurs droits.
Nous formulons enfin le vœu que la mémoire de Rodrigue NDAGUEHO soit préservée de toute polémique et honorée dans la dignité qu'elle mérite.
Fait à Douala, le 19 juin 2026.
Signataires et soutiens de la présente mise au point :
* POUGNONG Célestin
• FEUTSEU Loïc
* NGUESSAN Dorgelès
• FOSSi Apollin
* TALLA Robert
* DJEUKAM Arnold
• FEUKOU Louis
* KENGNE Constant
* KAMALEU Constant
• KENGNI Mérimée Clador
* NSA NGAKO GUESIE PENE
* NGUEGANG Simplice Roméo
* WEMBEU NYA Landry
* FOSSO Maurice
* LATI TCHOFFO Joseph
* TAMBO KAMTE Anicet
• TANAKENG Raoul
* KOUAMOU Patrice
* LONTIO Basile
* KALECO Paul
* NKUE François
* JIOGO Roger
* KUE BOGNE Collince • LONTCHI Arold
* FOMOUO Garilas
* KETCHA Rodrigue
* NDE Emmanuel
* SAKANG Cyrille
* DJONTE Sidoine
* SOP TIAM Mathurin
* SOH TCHINDA Stéphane
Porte-parole dûment mandaté par les signataires :CHIEDJO Charlie Aimée