Ce n'est nul autre que Perenco Cameroun S.A. qui est la filiale locale de la compagnie pétrolière et gazière indépendante franco-britannique Perenco. Huit mois après le décès de Pascal Ndongmo, le corps reste sous scellés et la contre-expertise est toujours attendue, dévoile le lanceur d'alerte Boris Bertolt que la rédaction vous propose de lire.
L'affaire de la mort de Pascal Ndongmo, décédé à la suite d'un accident de travail sur un site de Perenco Cameroun S.A., continue de susciter de nombreuses interrogations. Près de huit mois après le drame, le corps de la victime demeure toujours sous scellés, tandis que la procédure judiciaire semble ralentir autour de la contre-expertise sollicitée par l'entreprise pétrolière.
Dans nos précédentes publications, il avait été révélé que le premier rapport d'expertise médico-légale mettait en évidence des éléments susceptibles d'engager la responsabilité de Perenco dans les circonstances de l'accident. Ces conclusions avaient conduit la famille à réclamer que toute la lumière soit faite sur les causes exactes du décès.
Perenco a proposé une indemnisation financière de près de 80 millions de francs CFA à la famille de la victime, qui a rejeté l'offre. Les proches de Pascal Ndongmo continuent d'exiger que les responsabilités soient clairement établies avant toute issue définitive.
Un nouveau développement vient désormais relancer l'affaire. Dans un courrier adressé le 6 mars 2026 au Commissaire divisionnaire, chef de la Division régionale de la police judiciaire du Littoral, les avocats de Perenco Cameroun sollicitent une relance de leur demande de contre-expertise médico-légale et technique. Ils rappellent également que cette contre-expertise, demandée à leur initiative, doit être organisée conformément à la réquisition judiciaire.
Au cœur des débats figure également la question du financement des expertises. En matière d'accident de travail, les experts mandatés réclament toujours le paiement de leurs honoraires, tandis que les conseils de Perenco reconnaissent dans leur correspondance que les frais liés à la contre-expertise sollicitée doivent être supportés par leur cliente, conformément à la procédure engagée.
Cette situation prolonge un blocage aux lourdes conséquences humaines et judiciaires. Tant que la contre-expertise n'est pas réalisée, le corps de Pascal Ndongmo reste conservé sous scellés, empêchant sa famille de procéder à son inhumation plusieurs mois après son décès.
Au-delà du cas individuel, cette affaire relance le débat sur la gestion des accidents de travail dans le secteur pétrolier camerounais, l'indépendance des expertises judiciaires lorsqu'un employeur est directement concerné, ainsi que les délais de traitement des procédures qui laissent parfois les familles dans une longue attente.
À ce stade, les autorités judiciaires ne se sont pas publiquement exprimées sur les raisons du retard observé dans l'organisation de la contre-expertise ni sur le calendrier de la suite de la procédure.