Prison directe et anéantissement total : le geste osé d'Oswald Baboke qui a fait peur au régime

Baboke Est Aussi Un Homme De Dieu Guerre de pouvoir

Wed, 1 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Oswald Baboke a été convoqué au Tribunal criminel spécial (TCS), l'information a été divulguée il y a plusieurs jours maintenant, confirmée par des sources officielles. Que se passe-t-il réellement dans cette affaire qui implique le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République ? Réponse avec Jorel Zang.

Contrairement à tout ce que vous pouvez penser, contrairement à tout qui se dit sur les business d'Oswald Baboke (or, stations-services, etc.), les problèmes que rencontrent Baboke aujourd'hui sont davantage liés au fait que le 20 mai dernier, il s'est présenté au Boulevard du 20 mai avec une voiture électrique qui a choqué l'entourage présidentiel.

Je vais vous dire une chose. Au Cameroun de Paul Biya, en tant que haute personnalité, tu peux te permettre absolument tout, c'est-à-dire voler, piller les ressources naturelles, tuer les gens, faire toute sorte d'abominations, etc. Tu ne seras jamais inquiété tant que tu te fais discret et que tu te montres humble et assujetti aux yeux des puissants de la famille présidentielle, notamment le couple Biya.

Mais dès le moment, dès l'instant où on te soupçonne de vouloir être plus royaliste que le roi, alors on sort toutes tes casseroles au grand jour ou on fabrique même des preuves contre toi pour simplement te mettre hors circuit. C'est donc le cas de beaucoup de prisonniers, anciennes hautes personnalités du pays arrêtés dans le cadre de l'opération dite Épervier à l'instar de Marafa Hamidou Yaya, Atangana Mebara, Éphraïm Inoni, Alain Mébé Ngo'o, pour ne citer que ces quelques exemples qui, contrairement aux accusations officielles qui les désignaient comme des prévaricateurs des fonds publics, ont réellement été arrêtés, car soupçonnés de vouloir arracher le pouvoir à Paul Biya.

Le cas de Titus Edzoa, qui a été accusé des mêmes faits de vol public, obéissait également à la même logique quand il décide de démissionner du gouvernement pour se présenter comme candidat aux élections présidentielles de 1997 face à Paul Biya (une trahison impardonnable qui lui a valu un procès à la va-vite à 4 heures du matin le 3 octobre 1997).

Pareil pour le zomloa des zomloa, Amougou Belinga, qui se retrouve en prison pas tant sur le fait que de graves accusations pèsent sur sa personne concernant sa participation à l'assassinat crapuleux du journaliste Martinez Zogo, mais davantage plus parce qu'il est soupçonné d'avoir voulu s'en prendre au pouvoir de Paul Biya (l'assassinat du journaliste n'a été que l'élément déclencheur d'un vaste dossier judiciaire en gestation qui existait déjà en amont sur sa personne sur des faits encore plus graves liés à la sécurité de l'État).

Quelques cas donc pour vous faire comprendre que toutes ces hautes personnalités camerounaises (membres du gouvernement, DG de sociétés publiques et parapubliques, ambassadeurs du Cameroun à l'étranger, hommes d'affaires, etc.) ont toutes des casseroles et des casseroles lourdes dans leurs placards car généralement, c'est une mafia institutionnalisée depuis le sommet de l'État avec des complicités depuis le palais, mais le jour où l'une de ses personnalités se retrouve à être soupçonnée d'avoir des ambitions présidentielles ou de vouloir être plus visible que le vieux Biya, alors là, la machine judiciaire se déclenche et on vient vous dire que telle personnalité a volé 1 000 milliards des fonds publics.

Le Tribunal criminel spécial frappe à ta porte et la suite c'est au Secrétariat d'État à la défense (SED) ou à Kondengui en fonction des accusations fabriquées (car gonflées) ou non (car réelles mais "dormantes" tant que tu étais au pas). En revanche, ce qu'on ne vous dit pas, c'est que la personne ne volait pas seule vu que c'est une mafia d'État, donc les mêmes qui te font arrêter sont toujours les mêmes avec qui tu mangeais l'argent de l'État.

Tout ceci pour dire qu'Oswald Baboke n'a pas pu se constituer son immense fortune à fonds publics sans la complicité de sa sœur Chantal Biya qui a son propre service de renseignements, car elle aime connaître tout de la vie des pontes de la République, surtout de ses fabrications.


Si les explications de Jorel sont exactes, ce qui semble être le cas, c'est donc une lutte de pouvoir, surtout en fin de règne où tous les coups sont permis. Baboke est donc vu comme une menace pour l'après Biya pour les plus susceptibles comme Chantal Biya, Emmanuel Franck Biya et d'autres personnes 'préparées' depuis des lustres pour remplacer celui que l'on surnomme le vieux lion.

Source: www.camerounweb.com