À l’hôpital de district de Mvog Ada, c’est le vrai bazar. Des employés font une dénonciation et ce n’est pas léger. Sont ciblés la gestion opaque et les graves dysfonctionnements, rapportés ici par le lanceur d’alerte Boris Bertolt.
Les projecteurs sont de nouveau braqués sur les autorités administratives de cet hôpital bien connu dans la région. Selon la source citée, de nouvelles accusations de mauvaise gouvernance secouent la structure à Yaoundé.
Plusieurs membres du personnel par exemple dénoncent un climat de travail qu’ils jugent « délétère », marqué, selon eux, par des pressions, un manque de transparence dans la gestion financière et des conditions de travail incompatibles avec les exigences d’un établissement de santé.
D’après Bertolt qui a recueilli des témoignages, « les agents seraient régulièrement contraints de travailler avec des moyens insuffisants. Certains affirment devoir acheter eux-mêmes du savon, de l’eau de Javel ou d’autres produits de première nécessité afin d’assurer le respect des règles élémentaires d’hygiène au sein de l’hôpital ».
On dénonce aussi la gestion des quotes-parts, ces primes destinées au personnel hospitalier. « Ils soutiennent que leur paiement dépendrait exclusivement des décisions du directeur de l’établissement, Dr Richard Mbélé, qui les verserait, selon eux, de manière irrégulière et sans critères transparents. Par ailleurs, certains mois ne seraient tout simplement pas reversés aux bénéficiaires », lit-on chez la source mentionnée.
Les accusations portent également, continue la source, sur un climat d’intimidation. Boris Bertolt fait savoir que des employés affirment que le délégué du personnel, après avoir dénoncé ces dysfonctionnements, aurait fait l’objet de mesures de rétorsion à travers des évaluations défavorables. D’autres agents disent avoir été menacés d’affectation vers d’autres structures sanitaires s’ils continuaient à contester la gestion de l’établissement.
« Le personnel d’appui dénonce également des retards de paiement, tandis que plusieurs employés estiment que les plannings de rotation sont devenus particulièrement éprouvants, accentuant les difficultés déjà rencontrées dans l’exercice de leurs fonctions. Les plaignants évoquent en outre des soupçons de mauvaise gestion des recettes issues de certaines interventions chirurgicales. Selon leurs allégations, des paiements effectués par des patients ne seraient pas systématiquement reversés dans les caisses de l’hôpital. Ces affirmations constituent des accusations qui, à ce stade, n’ont pas été établies par une enquête indépendante », dénonce-t-il.
La dénonciation est largement commentée sur les réseaux sociaux. Le pays est mal dirigé, expriment les internautes et les observateurs qui sont « fatigués que leur patrie fasse tout le temps l’objet de raillerie sur la toile parce que mal gérée ».