Jeune Afrique révèle comment la guerre entre Franck Biya et Chantal Biya s'est déplacée de Yaoundé jusqu'à l'InterContinental de Genève

Chantal Franck Biya Image illustrative

Fri, 3 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

La Suisse est réputée pour sa neutralité. Mais l'InterContinental de Genève, où séjourne la famille Biya depuis le 7 juin 2026, n'est pas neutre. C'est le théâtre de la même guerre que Yaoundé connaît depuis des mois — celle qui oppose Franck Biya au camp de Chantal Biya pour le contrôle de la Vice-Présidence de la République. Jeune Afrique, dans son enquête exclusive du 1er juillet 2026, révèle comment cette guerre dynastique a voyagé jusqu'en Suisse — avec, autour d'un père hospitalisé, deux camps qui se disputent sa prochaine décision.

Chantal à l'InterContinental avec Céline Ngoh Ngoh — Franck qui arrive de Monaco

La composition de la délégation genevoise révélée par Jeune Afrique dit en elle-même l'architecture des alliances. D'un côté : Chantal Biya installée à l'InterContinental dès le 7 juin — avec Céline Ngoh Ngoh, épouse du SGPR, à ses côtés. L'alliance Chantal/Ngoh Ngoh qui, selon Jeune Afrique, a «bloqué la nomination de Franck Biya à la CRTV en avril» et pousse Oswald Baboké pour la Vice-Présidence, est physiquement présente autour du président hospitalisé.

De l'autre : Franck Biya qui arrive «après un passage par Monaco et Évian» — profitant selon le journal de la présence du G7 dans cette ville frontalière de la Suisse pour «avancer ses pions» diplomatiques. Deux camps. Un même hôtel. Un père et président qui doit trancher. La séance de travail prévue «notamment sur le projet de vice-présidence» entre Paul Biya et son fils Franck — révélée par Jeune Afrique dans une précédente enquête — se déroule donc dans ce contexte de présence simultanée des deux camps à Genève.

Cathy Meba et les Meba : un troisième clan qui observe

Jeune Afrique révèle la présence discrète d'un troisième acteur dans cette configuration génevoise : la famille Meba. Cathy Meba — vice-présidente du Conseil Régional du Sud et nièce de Paul Biya — est «sur place» pour accompagner l'hospitalisation de son père Pierre Meba. Cette même Cathy Meba que Jeune Afrique avait précédemment révélée comme l'une des connexions privilégiées de Louis Paul Motaze dans son réseau de construction vers la Vice-Présidence — lui permettant d'ancrer des liens dans la famille présidentielle élargie.

Sa présence à Genève — où elle «dément que le Chef de l'État ait dû être hospitalisé» — dit qu'elle joue un rôle actif dans la gestion de la communication familiale autour de la santé de Paul Biya. Une communication qui, en niant l'hospitalisation tout en organisant un anniversaire festif, cherche à protéger une image présidentielle que l'état de santé réel du Chef de l'État rend de plus en plus difficile à maintenir.

Ngoh Ngoh à Yaoundé, Mvondo Ayolo à Genève : le gouvernement en deux temps

Jeune Afrique révèle enfin la division du travail opérationnel entre les deux hommes les plus proches de Paul Biya. Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil, est à Genève — «chargé du suivi des dossiers importants et des relations avec Yaoundé». Ferdinand Ngoh Ngoh est à Yaoundé — «aux commandes» selon le journal. Le gouvernement camerounais fonctionne donc en deux temps : Genève pour les décisions présidentielles directes, Yaoundé pour l'administration courante.

Cette configuration dit une réalité que la Constitution camerounaise ne prévoit pas : un Chef de l'État qui gouverne depuis l'étranger, avec un directeur de cabinet en Suisse et un SGPR en Afrique, pendant qu'un fils pressenti à la Vice-Présidence fait le tour de Monaco et d'Évian. Le faux décret du 12 juin — révélé par Jeune Afrique comme une «tentative de coup d'État manqué» — a montré que cette configuration est fragile. Et que ceux qui voulaient «imposer leur version du remaniement» ont failli réussir.

Source: www.camerounweb.com