À regarder de près les dangereuses inclinations qu’adopte notre monde, l’on est en droit de se demander si c’est l’histoire qui prend un malin plaisir à se répéter dans ses épisodes les plus sordides, ou si c’est l’homo-sapiens qui oublie la signification de son nom. Ce sont là les propos introductifs du Capitaine de vaisseau, Atonfack Guemo Cyrille Serge. Car, continue-t-il, « il le porte plutôt mal ». Le collaborateur de Paul Biya analyse et avertit en fin de compte. La rédaction relaie sa sortie digne d’intérêt.
En sadomasochiste impénitent, le bimane supposément doué d’une inégalable intelligence et dépositaire d’une empathie supérieure à celle de toutes les autres espèces, entretient pourtant, avec une déconcertante délectation, les causes de ses sempiternelles angoisses et ses tragiques défaites.
En l’espace d’un millénaire, et de plus en plus souvent, l’humanité a provoqué et continue de provoquer maintes hécatombes. Guerres de conquêtes, guerres de religions, traite négrière, colonisation, guerres mondiales, agressions impérialistes se suc- cèdent, se juxtaposent, se superposent, se croisent et s’entrecroisent, menaçant à chaque fois de rayer pour jamais toute trace de l’unique civilisation à exister dans le système solaire. Car plutôt que de servir à la préservation de l’espèce humaine, la rustique ingéniosité et le progrès scientifique favorisent au contraire, la mise au point de techniques et d’armes de destruction globale.
Et dans ce registre de l’auto-anéantissement, il n’est pas jusqu’à la musique, pourtant censée adoucir les mœurs, qui ne serve à lancer des projectiles incendiaires. Sur notre planète terre en voie de surpeuple- ment aux dires de certains, le glaive et le feu apparais sent comme étant les instruments les plus efficaces en matière de régulation de la croissance démographique.
Devenu de nos jours une spéculation commerciale promue, vulgarisée et d’ailleurs largement subventionnée, le terrorisme, cette autre entreprise mortifère transnationalisée conquiert inlassablement de nouveaux espaces, à mesure que se durcit la course aux ressources naturelles. Et bien que le monde chaque jour se rapproche un peu plus du seuil de son annihilation, pratiquement rien ne semble en mesure de dissuader l’homme, d’encore et toujours exacerber ses pulsions suicidaires. Rien pour le convaincre de prendre le virage à 1800 aux fins de sauver sa propre peau.
Un certain esprit empreint de pragmatisme pourrait rétorquer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Concédons-le-lui. Mais en se donnant la peine de tirer leçon des drames du passé, les générations contemporaines seraient en capacité de briser le cercle infernal de ses interminables tragédies. Pour sa propre pérennité, l’humanité devrait se débarrasser de ce fatalisme incapacitant et destructeur, qui lui fait œuvrer à sa propre perte.
Pour y parvenir, encore faudrait-il avoir le courage d’affronter l’urgence critique qui commande de mettre un terme définitif aux desseins eschatologiques des propagateurs de l’ignorance. Ceux-là qui envoient des hordes de jeunes enténébrés balayer tout ce qui symbolise la fierté de notre civilisation. Ce serait en effet une œuvre de salubrité humanitaire, de mettre hors d’état de nuire, les actionnaires des conglomérats criminels internationaux, qui tuent, pillent, saccagent et désolent sous le fallacieux prétexte de l’émancipation des peuples.
Il est plus que jamais temps de neutraliser les prosélytes des nouvelles féodalités idéologiques, fondées sur la falsification des subjectivités confessionnelles et culturelles, porteuses qu’elles sont de messages ostracisant et suprémacistes, qui poussent à la désagrégation de notre société.
Pour revenir à notre passé, l’histoire nous rappelle mille et une manières, les dangers encourus à travers l’inculture de la jeunesse, l’asservissement de la fem- me, et le remplacement de nos spiritualités séculaires, par l’idolâtrie de l’artefact mécanique. Autant d’éléments précurseurs des holocaustes de demain. Sachons rester vigilants, Sachons préserver l’humanité.