Séquestration, torture et extorsion
À Garoua, une situation inquiète. De graves accusations de torture, de séquestration et d’extorsion visent un adjudant-chef de la Sécurité militaire (Semil). Que se passe-t-il concrètement et comment en est-on arrivé là ? Une source proche du dossier nous a tout détaillé.
Une nouvelle affaire mettant en cause un militaire de la Sécurité militaire de Garoua suscite une vive émotion. Dans une note d’information publiée le 17 juin 2026, le Mouvement international pour la défense des droits et libertés fondamentaux (MIDDLF) accuse un adjudant-chef identifié comme Dia Hamadou d’avoir procédé à l’interpellation arbitraire, à la séquestration et à des actes assimilés à de la torture contre un civil, dans le cadre d’un différend commercial privé.
Selon cette organisation de défense des droits humains, la victime, Ibrahim, chauffeur résidant à Bertoua, n’est ni militaire ni poursuivie pour une quelconque infraction relevant de la justice militaire. Le litige porterait sur une créance de 18 millions de francs CFA opposant Ibrahim à un homme d’affaires, El-Hadj Hamidou Abdoulaye. Le MIDDLF affirme qu’Ibrahim est en réalité le créancier dans cette affaire et non le débiteur.
L’organisation soutient que le 29 janvier 2026, Ibrahim aurait été arrêté vers 5 heures du matin dans un hôtel à Béka, sans mandat, avant d’être conduit dans les locaux de la Semil à Garoua. Il y aurait été maintenu quatre jours en garde à vue, sans notification de ses droits et sans possibilité de recevoir des visites.
Le document affirme qu’au terme de cette détention, le militaire aurait exigé le paiement intégral des 18 millions de francs CFA pour permettre sa libération, ou à défaut un versement immédiat d’au moins 5 millions de francs CFA accompagné d’un engagement de payer le solde. Le MIDDLF indique qu’Ibrahim aurait finalement remis 6 millions de francs, mais qu’un seul montant de 5 millions aurait été officiellement retenu, le million restant ayant été présenté comme des « frais du ministère public », selon les allégations de l’organisation.
Le MIDDLF affirme également que, malgré ce paiement, la victime continuerait de faire l’objet de pressions afin de verser les 13 millions de francs CFA restants. L’organisation considère que les faits allégués sont susceptibles de relever de plusieurs infractions, notamment la torture, les traitements cruels, inhumains et dégradants, la séquestration, l’escroquerie, la corruption et les menaces. Elle estime par ailleurs que cette affaire s’inscrirait dans un contexte plus large de dénonciations de détentions arbitraires et de recours à la torture dans certaines unités militaires du Grand Nord.
Face à ces accusations, le MIDDLF demande l’ouverture d’une enquête indépendante, la prise de sanctions disciplinaires et judiciaires contre l’adjudant-chef mis en cause, ainsi que la protection des droits de la victime. L’organisation affirme rester disponible pour transmettre aux autorités les éléments de preuve dont elle disposerait. Le directeur de la Sécurité militaire, le Colonel Nkondje Mbella Yves, a été saisi.