Petit rappel des faits par l’Indépendant numéro 1043 dans lequel il est dit que dans une ambiance électrique, le 4 avril 2026, le parlement réuni en Congrès à Yaoundé s’est, à 200 voix pour, 18 voix contre et seulement 4 bulletins nuls, prononcé en faveur de l'instauration d'un poste de vice-président de la République, doté d'un rôle clé dans la succession au sommet de l’État.
Ce projet de loi visant à modifier et à compléter la Constitution du 2 juin 1972, revue par la loi du 18 janvier 1996 et celle du 14 avril 2008, a donc fait des gorges chaudes au nouveau siège de l’Assemblée nationale baptisé Palais des verres Paul Biya. Plusieurs parlementaires se sont ainsi opposés farouchement au texte défendu par le ministre d’État, ministre de la Justice, Garde des sceaux, Laurent Esso.
Le texte prévoit la possibilité d'avoir un vice-président directement nommé par le chef de l'État dont il serait le successeur constitutionnel, pour terminer son mandat, en cas de décès, démission ou empêchement définitif, sans obligation d'organiser un scrutin présidentiel dans un délai restreint.
Selon la Constitution modifiée, le président du Sénat, en cas de vacance du pouvoir, devait organiser une présidentielle dans un délai imparti. Si dans le camp présidentiel, l’on répond aux critiques en déclarant que les actes politiques du président Paul Biya ont « toujours été conformes à la loi », il y a cependant lieu de regretter qu’à ce jour, le chef de l’État n’a toujours pas nommé de personnalité à ce poste qui va jouer un rôle clé dans la succession au sommet de l’État.
Volontairement plongé dans un silence assourdissant, Paul Biya démontre ainsi qu’il reste le seul maitre du temps. Le chef de l’État prend ainsi tout son temps. Après l’engouement de départ, le dossier semble définitivement rangé dans les tiroirs du palais de l’unité. Cette attente qui, chaque jour, devient insupportable, ne semble pas plaire à une certaine élite avide de pouvoir.
D’où une tentative de « coup d’État institutionnel » fort heureusement déjoué il y a quelques jours. L’histoire est racontée par le journaliste Polycarpe Essomba ce lundi 22 juin. Un individu serait parti à la Cameroon Radio Television (CRTV), la chaîne publique, avec deux documents sous pli fermé attribués à la présidence de la République, annonçant notamment la nomination d’un vice-président et la formation d’un nouveau gouvernement. Il a insisté qu’il doit être lu dans le journal de 17 heures. Que non !
Les contrôles effectués auprès de la présidence auraient finalement permis de connaître la vérité. Le document prétendument issu du cabinet civil est un faux authentique. Un fake. L’imposteur, contractuel d’administration, issu d’une école de mines, est depuis aux arrêts et en exploitation. Selon cette version des faits, la diffusion de ces textes aurait pu provoquer une grave confusion au sommet de l’État et dans les institutions du pays.