À chaque discours, le chef de l’État Paul Biya réaffirme sa détermination à intensifier la lutte contre les détournements de fonds publics et la corruption au Cameroun. Plusieurs personnalités ont déjà été condamnées à des peines d’emprisonnement spectaculaires, assorties de sanctions financières lourdes.
Dans les geôles du pays, croupissent d’anciens ministres, directeurs généraux d’entreprises et établissements publics, et autres gestionnaires de la fortune publique, etc. Mais, après quelques grosses prises, la campagne d’assainissement des mœurs, plus connue sous le nom d’opération Épervier, donne l’impression de s’essouffler.
Plus aucun gestionnaire indélicat de fonds publics n’a, ces dernières années, été interpellé. Pourtant, les détournements, les actes de corruption et les fautes de gestion sont légion.
Face à la presse le 10 juillet 2020, dans le cadre de la célébration de la Journée africaine de lutte contre la corruption, Dieudonné Massi Gams, le président de la Commission nationale anti-corruption annonçait le recouvrement entre 2011 et 2017, de 1 652 milliards de francs CFA entre 2011 et 2017, au profit du trésor public.
Ce montant trahit l’ampleur de ce véritable cancer social qui résiste en dépit des actions entreprises par les pouvoirs publics. Le Cameroun figure parmi les signataires de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption adoptée le 11 juillet 2003 à Maputo au Mozambique.
Mais, conviennent les experts du domaine, une plus grande efficacité de la lutte contre la corruption commande aussi l’existence d’institutions judiciaires fortes.
Or, dans une correspondance adressée le 23 novembre 2018 au président de la République, le président de la Conac dénonçait la « corruption rampante des magistrats ». Et recommandait, afin d’y remédier, une « réforme profonde du Conseil supérieur de la magistrature, afin d’alléger et d’accélérer la procédure de sanction des magistrats, dont l’impunité accentue les pratiques décriées ».
L’Indépendant n°1043