Ils demandent au gouvernement d’intervenir pour suspendre la procédure d’expulsion
Des personnes déplacées internes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest appellent le gouvernement camerounais à empêcher leur expulsion d'un terrain qu'elles occupent à Mvog Betsi, à Yaoundé, depuis 2017.
Originaires des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, ils ont lancé un appel au gouvernement afin qu’il intervienne face à ce qu’elles décrivent comme une menace imminente d’expulsion d’un terrain situé au quartier Mvog Betsi à Yaoundé.
Le groupe accuse la Communauté urbaine de Yaoundé de vouloir récupérer le site pour y installer une unité de traitement des déchets, une initiative qui, selon eux, menace les habitations de plusieurs familles déplacées qui occupent les lieux depuis 2017.
S’exprimant devant la presse, les déplacés ont indiqué avoir été installés sur ce terrain par feu Sa Majesté Zanga Zanga Antoine, à la suite du déclenchement de la crise dans les régions anglophones.
Ils affirment qu’une superficie de trois hectares a été omise par erreur du titre foncier délivré en juillet 2024 et que la famille du défunt chef traditionnel a engagé des démarches auprès des autorités compétentes pour son rattachement au titre foncier existant.
Les occupants indiquent qu’un premier avis d’expulsion avait été délivré en décembre 2024 par les services de la Communauté urbaine de Yaoundé, évoquant un projet d’aménagement d’une infrastructure de traitement des déchets. La procédure aurait ensuite été suspendue après l’intervention du préfet du Mfoundi, tandis que le maire de Yaoundé VI aurait exprimé des réserves liées aux conséquences environnementales et sanitaires du projet.
Selon les déplacés, un nouvel avis leur a été notifié le 1er juillet 2026, leur donnant un délai de six jours pour quitter les lieux, sous peine de voir leurs habitations et biens détruits.
Ils demandent au gouvernement d’intervenir pour suspendre la procédure d’expulsion et permettre au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières de finaliser le rattachement des trois hectares concernés au titre foncier existant.
Les requérants estiment par ailleurs que l’implantation d’une unité de traitement des déchets à proximité d’une école primaire publique, d’un poste de police, du zoo de Mvog Beti et d’un marché local pourrait présenter des risques environnementaux et sanitaires.
Boh Elvis