Les investigations se poursuivent au SED sous la direction de Galax
Le journal Jeune Afrique affirme qu’Oswalde Baboke a été entendu par le Tribunal criminel spécial. Le média ajoute que le directeur adjoint du Cabinet civil doit être auditionné ce mardi 7 juillet par la Direction de la sécurité présidentielle dans l’affaire de faux décrets.
“Qui est Johann Sitchom, l’homme qui a tenté de faire lire un prétendu décret de nomination d’un vice-président à la CRTV, la télévision nationale du Cameroun ? C’est l’une des questions centrales de l’enquête menée par le secrétariat d’État à la Défense (SED) et, sur instruction du chef de l’État Paul Biya, par la Direction de la sécurité présidentielle (DSP). Les investigations sont coordonnées à Yaoundé par Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence.
L’affaire remonte au 12 juin. Ce jour-là, Johann Sitchom se présente au siège de la CRTV, porteur d’une enveloppe contenant deux prétendus décrets présidentiels. Le premier annonce la nomination d’un vice-président de la République ; le second détaille un remaniement ministériel. Les documents, avec sceaux officiels et signatures attribuées à Paul Biya, doivent être lus au journal de 17 heures. Mais le projet échoue.
Sitchom a-t-il agi seul ?
Johann Sitchom, interpellé, est désormais interrogé dans les locaux du SED, à Yaoundé. La mère de l’intéressé, elle aussi questionnée par les enquêteurs, a déclaré que ce diplômé en sciences politiques de l’université de Soa souffre de troubles dépressifs depuis plusieurs années, au point qu’il a effectué une « retraite spirituelle » de trois mois au sein de l’église de la famille. S’il avait depuis repris ses études et obtenu sa licence, l’embellie n’aurait cependant pas duré.
Selon sa mère, quelqu’un aurait profité de son présumé état de vulnérabilité. Un homme l’aurait convaincu de télécharger une application permettant d’extraire un décret authentique, d’en conserver la signature et le cachet, puis d’en modifier le contenu. Sitchom se serait exécuté, puis s’est présenté à la CRTV vers 16 h 45, le 12 juin. Il a alors demandé à être orienté vers la direction des actions de souveraineté, affirmant avoir été mandaté par le palais présidentiel. Il a finalement été conduit auprès d’Aimé Robert Bihina, le patron de la radio gouvernementale. Alerté par plusieurs anomalies, celui-ci a contacté le directeur de la CRTV, Charles Ndongo, lequel a joint Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de Paul Biya. Ce dernier a aussitôt confirmé que le texte ne provenait pas de la présidence. Mais quel nom avait inscrit Sitchom sur le décret portant nomination d’un vice-président ? Le sien ? Celui d’une autre personnalité ? Alerté, le ministère de la Défense a dépêché des militaires de la sécurité militaire pour procéder à l’arrestation du jeune homme et le dossier a été transmis au SED. Interrogé, Sitchom a livré une première version – le document lui aurait été envoyé rempli par son interlocuteur – puis une seconde, deux jours plus tard : on lui aurait donné le nom de l’application, avant que lui-même n’inscrive son patronyme sur le document.
Ciblé, Baboke dénonce un complot
C’est ici que les choses se compliquent un peu plus encore : selon des sources qui ont consulté le rapport d’enquête, en lieu et place du nom de Sitchom, le faux décret aurait en réalité mentionné Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de Paul Biya, comme vice- président nommé. Depuis, les investigations se poursuivent au SED sous la direction de Galax