Du 26 au 29 juin 2026, les populations de 19 villages de l’arrondissement de Ngan-Ha, dans la région de l’Adamaoua, ont perçu une enveloppe globale de 985 millions de francs CFA au titre des indemnisations relatives à la perte de leurs biens dans le cadre de la réalisation du projet de construction du barrage de Bini à Warak.
Ces paiements interviennent près de 10 ans après le recensement des personnes impactées par ce projet énergétique, qui s’enlise depuis des années.
Confié en 2013 à la société chinoise Sinohydro Corporation Limited, le projet qui portait sur la construction d’un barrage hydroélectrique de 75 MW destiné à renforcer l’approvisionnement en électricité des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, a été interrompu quelques mois plus tard. À cause des problèmes d’ordre financiers, a-t-on appris officiellement.
Depuis 2023, le gouvernement camerounais a confié le développement du projet à la société britannique Savannah Energy, qui ambitionne de céder 50% de ses actifs dans ce projet pour pouvoir attirer de nouveaux investisseurs.
Le repreneur a aussitôt reconfiguré le projet, dont les capacités ont été portée de 75 MW à 95 MW, combinant à la fois hydroélectricité (55 MW) et solaire (40 MW).
Bini à Warak est présenté comme un projet stratégique pour le Réseau interconnecté Nord (RIN), couvrant les trois régions septentrionales du Cameroun. En effet, cette partie du pays est régulièrement confrontée à un déficit d’offre d’électricité du fait de la baisse drastique de la production du barrage de Lagdo, et en dépit de la construction récentes de centrales solaires à Maroua et Guider.