« Un coup d'État institutionnel » : c'est la qualification retenue par les rapports de la DGRE transmis au président Paul Biya, selon les révélations exclusives de Jeune Afrique. Le magazine parisien affirme que le faux décret de nomination d'un Vice-Président portait en réalité le nom d'Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil. Pourtant, les zones d'ombre persistent. Le conditionnel utilisé par Jeune Afrique – « le faux décret aurait en réalité mentionné Oswalde Baboke » – fait bondir certains observateurs, qui y voient une contradiction entre le doute et l'affirmation. Pour Valère Bessala, Baboke aurait été piégé : le véritable commanditaire aurait modifié le document pour y inscrire le nom du DCCA. L'homme politique s'interroge également sur le lieu de détention de Johann Sitchom, arrêté à la CRTV mais transféré au SED, alors que la CRTV dispose en son sein d'un poste de police. La visite de la mère de Sitchom au domicile de Baboke quelques jours avant le scandale, documentée par la DGRE, pourrait être un coup monté. L'enquête en cours, confiée par Paul Biya à la DSP, dira si Baboke est un innocent piégé ou un acteur d'un complot institutionnel
Coup d'état institutionnel selon la DGRE, Jeune Afrique tente d'enterrer Oswald Baboke
Alors que l'affaire des faux décrets nous a fait oublier la promesse d'un nouveau gouvernement, au Cameroun, tout est à l'arrêt. L'attention est désormais tournée vers les accusations portées contre le Directeur adjoint du Cabinet civil dans les dossiers de l'or et des faux décrets.
Selon les rapports de la DGRE transmis au président de la République, il ne s'agirait pas d'un acte isolé, mais d'un « coup d'État institutionnel », révèle Jeune Afrique.
Auditionné ou non sur ces faits, Jeune Afrique vient enfoncer le clou avec de nouvelles révélations. Le journal parisien spécialisé sur l'Afrique révèle que le DCCA était en contact avec la mère de Johann Sitchom et que cette dernière avait été aperçue chez le DCCA la veille du scandale.
Mensonges ou manipulation ?
Jeune Afrique assure avoir eu accès au contenu du dossier en cours, mais s'exprime au conditionnel tout en utilisant des figures de style. Lorsque le journal évoque la présence du nom du Directeur adjoint du Cabinet civil sur le décret de nomination du vice-président, il affirme :
« En lieu et place de Sitchom, le faux décret aurait en réalité mentionné Oswalde Baboke », écrit Jeune Afrique.
Une formulation qui fait réagir un internaute, lequel recadre en ces termes :
> « Le faux décret aurait en réalité mentionné Oswalde Baboke » : il y a une contradiction. Aurait (conditionnel, qui marque le doute ou une information non confirmée) jure avec en réalité (qui, lui, affirme un fait établi). On ne peut pas dire à la fois « peut-être » et « en réalité ».
Pour la famille et les proches du DCCA, l'histoire de la visite de la mère de Sitchom au domicile de Baboke quelques jours avant le scandale relève d'un coup monté.
« Selon sa mère, quelqu'un aurait profité de son présumé état de vulnérabilité. Un homme l'aurait convaincue de télécharger une application permettant d'extraire un décret authentique, d'en conserver la signature et le cachet, puis d'en modifier le contenu. Sitchom se serait exécuté, puis se serait présenté à la CRTV vers 16 h 45, le 12 juin. Il aurait alors demandé à être orienté vers la Direction des actions de souveraineté, affirmant avoir été mandaté par le palais présidentiel. » jeune Afrique citant le rapport de l'enquête.
Pendant que Jeune Afrique enfonce le clou en laissant croire à l'opinion que Baboke serait à l'origine de ce faux décret , l'ancien administrateur civil, docteur en droit public et homme politique Valère Bessala pense, quant à lui, qu'Oswalde Baboke aurait été piégé. Valère Bessala estime qu'il existerait une liste originale qui devait être lue, laquelle aurait été modifiée afin de dissimuler l'identité du véritable commanditaire. L'homme politique s'interroge également sur le lieu de détention du jeune Sitchom au SED, alors qu'il a été arrêté à la CRTV, qui dispose en son sein d'un poste de police.
L'homme politique pense enfin que le président de la République, en confiant cette enquête à la DSP, disposait déjà de certaines informations clés sur cette affaire.
Et si Oswalde Baboke était innocent et avait été piégé ? L'enquête en cours nous le dira.
Albin Michel Njilo (Construire Ensemble)