Sokoudjou est l'un de ceux qui se respectent beaucoup et qu'il ne faut pas sous-estimer. De son vrai nom Jean-Rameau Sokoudjou, il est le roi ou chef supérieur des Bamendjou, la communauté située dans la région de l'Ouest du Cameroun.
Fo'o Sokoudjou a été intronisé en 1953, qualifié aujourd'hui comme l'un des monarques régnants ayant la plus longue longévité au monde. Celui que l'on surnomme le « chef rebelle » est un « cas parmi les cas », nous décrit une personne proche de lui.
Sokoudjou est une figure historique et morale majeure pour plusieurs raisons. L'homme a traversé l'époque coloniale, la guerre d'indépendance et les différentes crises politiques. « Contrairement à de nombreux chefs traditionnels, il est connu pour ses critiques acerbes et publiques envers le pouvoir en place », explique-t-on.
Le chef traditionnel a été victime de la répression coloniale française, ce qui a forgé sa posture d'opposant historique et de défenseur de la justice. L'activiste Jorel Jacques Zang le décrit comme étant « le seul chef traditionnel de l'ouest du pays pour qui j'ai du respect ».
D'ailleurs, constate-t-il, « c'est réciproque vu que toute la République va vers lui pour le saluer et non le contraire. Quand Ferdinand Ngoh Ngoh recevait les chefs au palais pour la candidature de Paul Biya, les chefs de l'Ouest Cameroun comme toujours étaient les premiers serviles à aller faire la lèche. Est-ce que vous aviez vu le chef Sokoudjou là-bas ? ».
La réponse est non. Pourtant, il était invité, mais « il se respecte trop pour mendier les achats de conscience. Tout ceci pour dire que le respect, c'est pour ceux qui se respectent », complète Zang. Fo'o Sokoudjou a été donc inspiré de faire comprendre au secrétaire général de la président de la République « qu'il n'est personne », balance un homme proche du pouvoir qui est également fasciné par la résistance du concerné.