MRC : l'audience contre les dissidents reportée au 16 juillet

Marche Du MRC 780x440.png Image illustrative

Fri, 10 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou a renvoyé au 16 juillet l'audience opposant le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à trois de ses militants dissidents. Willy Mengue, Laure Noutchang et Mballa Wouria ont saisi la justice pour obtenir la désignation d'un nouveau mandataire du parti, estimant que Maurice Kamto n'est plus légitime à sa tête.

L'audience prévue ce jour a été renvoyée à la demande des avocats du parti, qui souhaitent « formuler des observations écrites sur la requête et les pièces » . Une batterie d'avocats représentait le parti de Maurice Kamto, témoignant de l'importance que la direction du MRC accorde à cette affaire.

Laure Noutchang et Mballa Wouria n'ont pas comparu. Seul Willy Mengue, récemment exclu du parti pour « trahison », s'est présenté, sans avocat, en qualité de demandeur.

Des questions de procédure

Lors de l'audience, la défense du MRC a demandé à Willy Mengue de produire un mandat l'autorisant à représenter les deux autres demandeurs. Mengue a reconnu ne disposer d'aucun mandat, et a fait savoir que les documents déposés ne concernent que sa propre demande. Il a toutefois affirmé que les pièces qu'il dépose « servent aussi à la défense des autres demandeurs ».

Les parties reviendront devant le juge des référés du Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou la semaine prochaine.

Une plainte pour contester la légitimité de Maurice Kamto

Pour rappel, Willy Mengue, Laure Noutchang et Mballa Wouria ont saisi la justice pour obtenir la désignation d'un nouveau mandataire du MRC . Ils estiment que Maurice Kamto n'est plus légitime à la tête du parti depuis son retour en fin d'année 2025.

La demande s'appuie sur une lecture contestée des statuts du parti. Les requérants invoquent l'article 68 du règlement intérieur du MRC, qui prévoit une procédure de vacance du poste de président en cas de démission. Selon eux, la démission de Maurice Kamto en juin 2025 aurait dû déclencher cette procédure, ce qui n'aurait pas été respecté.

La direction du MRC, par la voix de son secrétaire national chargé des affaires juridiques, Me Roland Dieuwou, a qualifié cette plainte de « légère ». Dans une argumentation juridique serrée, Dieuwou a démontré que la procédure est infondée : le Directoire du MRC avait déjà constaté le 21 juillet 2025 que la démission de Maurice Kamto « n'entre pas dans les prévisions de l'article 68(2) du règlement intérieur », et le Conseil National du 6 septembre 2025 avait ratifié cette position avant de confirmer le retour à la tête du parti de son président.

Pour l'analyste John Lawson, cette plainte est « recevable en droit, infondée au regard des statuts, pulvérisée par les faits ». Il estime que les trois requérants, figures connues de la dissidence interne, cherchent à alimenter le narratif d'un MRC en crise permanente, une stratégie qui sert objectivement les intérêts de ceux qui souhaitent voir le parti affaibli avant les prochaines échéances électorales.

Source: www.camerounweb.com