Opération Épervier : Un grand ménage annoncé au sein des DG des sociétés publiques

Cour Des Comptes De La Cour Supreme Audit financier

Mon, 13 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Le 2 juillet 2026 dernier, une rencontre s’est tenue entre les membres de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale et la Chambre des comptes de la Cour suprême, rappelle le journal l’Indépendant dans sa parution numéro 1044. D’après le même média qui cite des sources internes à l’Assemblée nationale, les échanges ont mis l'accent sur l’audit des entités publiques, dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de transparence et de performance. Le contenu de ses colonnes dans cette publication de CamerounWeb.

Les entreprises publiques, essentielles à la mise en œuvre des politiques de l’État, font face à des difficultés récurrentes : endettement élevé, faible rentabilité et dépendance aux subventions publiques.

Dans ce contexte, l’audit apparaît comme un levier clé pour améliorer la gestion, évaluer la performance et renforcer la transparence. Il contribue à une meilleure gouvernance et à une utilisation plus efficace des ressources publiques.

Le président de la Chambre des comptes, le magistrat Yap Abdou, a rappelé le rôle stratégique des entreprises publiques dans le développement du pays, tout en soulignant les défis persistants qui limitent leur efficacité malgré les réformes engagées. L’exposé présenté par Michel Ferrick Tchienbe Mbe, s’est basé notamment sur le cas de la Compagnie camerounaise d’aluminium (Alucam), mettant en évidence plusieurs insuffisances : faible rentabilité des investissements, absence de dividendes pour l’État, dépendance aux subventions, faiblesses de gouvernance et insuffisances du contrôle interne.

Face à ces constats, des recommandations ont été formulées, notamment la recapitalisation des entreprises viables, le renforcement des mécanismes de contrôle, la modernisation des outils de production et une plus grande responsabilisation des dirigeants. Rappelons que dans son rapport de juin 2026, la Chambre des comptes du Cameroun a estimé que l’État gère son portefeuille d’entreprises à perte

Avec un rendement moyen de seulement 2,92% en 2024, l’argent public injecté dans ces structures s’avère dramatiquement sous-productif. Le capital immobilisé s’élève à 1926,2 milliards de francs CFA de participations publiques, pour seulement 55,85 milliards de francs de dividendes perçus.

À titre de comparaison, un simple placement au taux régional de 6,5% aurait généré 150 milliards Fcfa d’intérêts, un manque à gagner théorique frôlant les 100 milliards de francs CFA en une seule année. Sur les 49 entreprises recensées, seulement 9 sur 49 entreprises ont versé un dividende en 2024. Le reste du portefeuille cumule subventions d’équilibre, dettes abyssales et crises de gouvernance chroniques. Autre constat marquant : un duopole concentre 74 % des revenus perçus par l’État, porté par la SNH et la Beac.

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