Ceci place le parti au pouvoir hors-jeu de la succession au sommet de l'Etat
Le Cameroun traverse une crise politique profonde, conséquence de plus de quarante ans d'un système de gouvernance autoritaire et centré sur la personne de Paul Biya. L'absence prolongée du chef de l'État exacerbe les rivalités entre différents clans du pouvoir, tandis que le RDPC, un parti fortement dépendant de Paul Biya, est incapable d'organiser sereinement sa succession. Cette situation accroît les risques d'instabilité politique
Cameroun, c'est gâté ! Bravo à la communauté internationale, aux clans mafieux du régime Biya-RDPC, aux intellectuels faussaires, etc.
Le Cameroun avait tout pour offrir à sa population des conditions de vie agréables, à l'arrivée de Paul Biya au pouvoir le 6 novembre 1982. Cependant, à cause de la couardise de l'élite politique, de la société civile, y compris la société civile religieuse et traditionnelle, des intellectuels faussaires, mais surtout des universitaires qui sont en charge, entre autres, d'aiguiser le sens critique de la jeune et donc de la société, le Cameroun a été offert à Paul Biya comme un patrimoine privé personnel. C’est ce qui explique qu’on soit arrivé à une désubstantialisation des pouvoirs législatif et juridique, signe d’un complot contre la république.
Ainsi, depuis son arrivée au pouvoir, Paul Biya gère le pays, comme Leopold, le roi des Belges gérait le Congo. Les populations, les richesses, les institutions, l'argent, la justice etc. du pays lui appartiennent; tout comme les hommes et la richesse du sol et du sous-sol. Cela a été rendu possible par l'explicite consentement de l'élite politique, administrative, militaire, économique, culturelle, universitaire, mais aussi celui des populations.
Avec les pleins pouvoirs monarchiques sur le pays, M. Biya a mis en place une fake démocratie afin d’épouser les contours de météo politique internationale.
Cette fake démocratie a conduit à la création de fakes institutions démocratiques à partir d'une fake révision constitutionnelle. La Constitution d'avril 1996, a ainsi été conçue pour ne surtout pas imposer au monarque républicain Paul Biya un équilibre démocratique des pouvoirs. Le leurre constitutionnel "travaillé" par des universitaires faussaires, parmi lesquels des "Grands Professeurs", agrégés de droit, avait malheureusement un objectif clair : empêcher la matérialisation de l'Etat de droit ainsi que la démocratisation effective du pays.
C'est dans ce contexte toxique pour l'expression de la démocratie que le système Biya a vidé l'élection de tout contenu démocratique.
La conséquence de cette démarche est la création d'institutions telles ELECAM et le Conseil Constitutionnel qui, à l'épreuve de diverses échéances électorales, se sont révélées n'être que de redoutables instruments de conservation du pouvoir. À la réalité, en effet, ces institutions ont en leur sein des obligés admiratifs et politiques, en sursis judiciaire, pour l’essentiel. Il suffirait, pour s’en convaincre, de mener une enquête sur le nombre de membres du Conseil Constitutionnel et D'ELECAM en délicatesse avec la justice, et notamment le Tribunal Criminel Spécial (TCS) au moment de leur nomination. La justice qui aurait pu rattraper la situation dans cette fake démocratie, est-elle même une ruine morale. Combien de hauts et jeunes magistrats, civils et militaires, de la cour suprême, des cours d'appel et autres instances inférieures sont-ils des prisonniers en sursis ?
C'est de ce cocktail qu’est né le concept judiciaire et politique qui traduit la déchéance morale de la justice : "Irrecevable". Ce concept résume l'arbitraire et le déni de justice assumé avec arrogance par les membres du Conseil Constitutionnel dans tous les contentieux électoraux, au motif qu’ils souhaitent aider Paul Biya et le RDPC à conserver le pouvoir contre la volonté des urnes.
Au milieu de cette dérive nationale, la corruption systémique des institutions internationales ou de leurs représentants au Cameroun a permis au régime Biya -RDPC de se fabriquer un vernis démocratique sur la scène internationale. Un vernis que les démocraties occidentales, notamment la France, la Grande Bretagne, les États-Unis et la Suisse maintiennent artificiellement dans la défense égoïste de leurs intérêts géostratégiques. Cette démocratie de façade est maintenue et renforcée au mépris des grands discours sur l'Etat de droit, la démocratie, l'humanisme et les valeurs universelles.
S’il est un fait indéniable, c’est bien que les démocraties occidentales ont porté à bout de bras la dictature de Biya. En effet, pour la protection de leurs intérêts, mais aussi par méchanceté contre le peuple camerounais, les partenaires du Cameroun ont participé à la corruption des leaders politiques dit de l'opposition, des intellectuels, des universitaires et ainsi que des membres de la société civile afin d'en faire des complices du régime Biya -RDPC.
Dans ce contexte, il n’est pas déplacé de souligner la responsabilité d’Israël dans la décrépitude politique et sécuritaire du Cameroun, à travers notamment ses mercenaires qui, depuis 1985, sont en charge de protéger le dictateur Biya. Que dire alors de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale(CEEAC) ? De l'Union Africaine (UA), ce "machin" au service des régimes anti-démocratiques sur le continent ? et de l'ONU ?Que d'occasions volontairement manquées pour toutes ces organisations internationales, et notamment de l'ONU, dans l'aide à la mise sur pied de l'Etat de droit, de la démocratie au Cameroun ou pour lui éviter la guerre civile (conf. la longue et meurtrière guerre civile inutile en cours dans les régions anglophones depuis 10 ans).
On peut évoquer, à titre illustratif, la fameuse convention ELECAM-ONU du 9 mai 2025, comme un des épisodes marquants de la collusion entre la communauté internationale, et spécifiquement l'ONU, et le régime B Biya -RDPC contre le peuple camerounais et la démocratie camerounaise. Celles-ci envisageait, en effet, de garantir, disait-on, la transparence du processus électoral. Sous le regard complice du Dr Issa Sanogo, Coordonnateur résident des Nations Unies et Coordonnateur humanitaire représentant de l'ONU au Cameroun, en coaction avec ELECAM, le Conseil Constitutionnel a estimé dans sa décision suite à une saisine du MRC et de Maurice Kamto, qu'il n'y avait aucun risque de fraude que l'élection présidentielle du 12 octobre 2025 soit organisée sans la publication préalable de la liste électorale pourtant prévue dans les articles 80 et 77 du Code Électoral. À l'arrivée, on a débouché, comme en 2018, sur un hold-up électoral et l’assassinat de dizaines de citoyens afin que le dictateur Biya, âgé de 93 ans, et notoirement épuisé physiquement et mentalement, conserve le pouvoir. À la vérité, nul ne peut comprendre ni expliquer que malgré plusieurs conventions et traités, ratifiés par l'Etat du Cameroun, notamment en matière de défense des droits civils et politiques, de l'Etat de droit, de la démocratie etc., le pays n'a jamais et mis au banc de la communauté internationale, malgré 43 ans d'une dictature barbare. Dans la même veine, aucun des dirigeants notoirement responsables de violations graves et massives des droits humains et des hold-ups électoraux flagrants (1992, 2018, 2025) n’a jamais été sanctionné.
La combinaison de ce complot national et international contre le peuple camerounais, l'Etat de droit et la démocratie au Cameroun a abouti à la paralysie du pays alors que le dictateur Paul Biya est totalement épuisé, n'a jamais voulu qu'un régent politique émerge de son parti, le RDPC, et a ouvertement manifesté son mépris pour l'approche incarné par Maurice Kamto, le Changement par les urnes et dans la paix, condamné le pays.
Le Cameroun est donc dans une véritable impasse politique. C'est gâté!
Un puissant incendie politique, qui d'ailleurs était prévisible au regard de tout ce qui précède, est aujourd'hui déclaré dans le cockpit de l'avion Cameroun. Face à un système politique que BIYA et ses alliés étrangers ont voulu extrêmement dépendant de sa seule personne, un vide politique a été créé dans le système au pouvoir. Ainsi, le Cameroun est pris dans un dangereux piège alors que Maurice Kamto, l'unique véritable opposant susceptible de remplacer Paul Biya, dans un processus électoral démocratique, a été arbitrairement et illégalement broyé par les institutions en charge du système électoral.
De son côté, Chantal Biya tente de suppléer son épouse au sommet de l'Etat, avec les capacités primaires qui sont les siennes. Par ailleurs, Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence de la république, son assistant, mais désormais rival, est aujourd'hui ouvertement plongé dans une rivalité impitoyable pour le trône avec le roi de l'or Oswald Baboke, bien que lesté de toutes ses frasques et magouilles. Ces trois personnages sont, à n’en point douter, les leaders de ce qu’on qualifie comme le « clan Nanga » qui aspire à reprendre le flambeau de Paul Biya, leur beau-frère. Face à ce « clan », se dresse le « clan Bulu » constitué de la famille de Paul Biya. Les leaders en sont Louis Paul Motaze, Franck Emmanuel Biya, Samuel Mvondo Ayolo etc. qui n'entendent pas se laisser doubler.
Aucun de ces clans, disons-le, mafieux envisage le recours au peuple lors d'une élection transparente et libre pour trancher.
À côté de ces deux clans tribaux, symboles de la nature congénitalement ethnique du régime B Biya -RDPC, gravitent plusieurs autres acteurs tels les mercenaires israéliens, conduit par ERAN MOAS, qui tiennent sans partage la réalité de la sécurisation du pouvoir central au Cameroun ; le généraux affairistes et corrompus des armées, etc.
Face à cette galaxie pro-régime, se trouve le Peuple du Changement dont le leader incontesté reste Maurice Kamto, leader du MRC et candidat du MANIDEM à la dernière élection présidentielle, nonobstant la victoire incontestable dans les urnes du Président Élu Issa Tchiroma Bakary lors du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025.
Plus que jamais donc, le Cameroun est à la croisée des chemins.
Patiemment placé qu'il a été depuis 1982 dans cette situation explosive par Paul Biya, le dictateur et anti-patriote, la barque Cameroun tangue. Cette situation, reste entièrement liée à la tricherie politique historique que représente le RDPC. En effet, dans sa conception juridique comme politique, le RDPC est une arnaque, un jouet entre les mains de son éternel président national, Paul Biya. C'est à la vérité, une coquille vide. C'est un parti politique que son président national n'a jamais voulu voir fonctionner conformément à ses statuts et à son règlement intérieur. Ainsi, depuis des lustres, ce parti n’a pas tenu son Congrès qui pourtant est l'instance où toutes ses grandes décisions doivent se prendre. Par calculs, ou de peur de subir un coup d'Etat politique interne, Paul BIYA n'a jamais souhaité que les 30 membres du Bureau Politique du parti soient désignés, depuis la création du parti en mars 1985. Or, celui-ci ne peut pas statuer si le quorum des 30 membres statutaires n'est pas atteint. Par ailleurs, plusieurs des membres désignés sont morts depuis des décennies et n'ont jamais été remplacés. De la même manière, de nombreux membres du Comité Central décédés n'ont jamais été remplacés. Le secrétaire général du RDPC n'a pas de textes qui définissent ses compétences. Tous ses actes sont par conséquent soumis à la seule volonté de Paul Biya, le président national du parti. Autant dire qu'en ce moment où Paul Biya est, selon sa fille Brenda Biya, mourant, son autorité ne vaut rien dans les rangs très agités de ses camarades, aujourd'hui divisés plus que jamais.
Dans ce contexte, la convocation par Jean Nkuete, le secrétaire général "pot de fleur" du RDPC, des Chefs des Délégations Permanents Régionaux du Comité Central ; des Chefs de Délégations Permanents Départementaux du Comité Central, des Chargés de Mission des Délégations Permanentes Régionales et Départementales, qui faut-il le souligner ne sont pas reconnus par les statuts du parti, dans un acte signé le 14 juillet 2016, donnera certainement lieu à l'exposition sur la place publique des divergences profondes que le RDPC tente, maladroitement, de masquer par les reports illégaux des élections locales.
En effet, le secrétaire général du RDPC n'ayant pas de compétences juridiques définies, et, plus grave, toutes les personnalités conviées à la réunion prévue le 22 juillet prochain n'ayant aucune qualité statutaire, il est fort probable que des militants saisissent la justice en contestation des décisions qui seront prises à cette occasion. Ainsi, Jean Nkuete, Jacques Fame Ndongo, Grégoire Owona, Fabien Monkam etc... ne peuvent pas engager l'avenir du RDPC. Seul le Congrès du parti détient ce pouvoir. Il faut noter, par ailleurs, que Chantal BIYA qui fait agir Paul Biya, Fernand Ngoh Ngoh, Samuel Mvondo Ayolo, Oswald Baboke qui le font parler, à travers divers textes présidentiels, ne sont pas des membres influents du RDPC. Auront-ils intérêt à faire agir ou dire au vieux dictateur ce que le RDPC doit faire en ce moment critique ?
Ceci place le parti au pouvoir hors-jeu de la succession au sommet de l'Etat.
Une situation qui rend encore plus probable l'implosion du Cameroun, dès lors qu'à cause des complots internes et internationaux hostiles au peuple camerounais, tout a été fait pour bannir toute idée de changement par les urnes et dans la paix, prônée par Maurice Kamto depuis 2013. Le Cameroun, c'est vraiment gâté !
Par Nathanael FOE