'Qu’on soit clair : l’émotion ne remplace pas la preuve'
Me Félicité Zeiffman, avocate de la famille de Martinez Zogo, vient de réagir suite aux récentes révélations de l’ancien chef du bureau des renseignements à l’État-major particulier du président Paul Biya qui accuse Ferdinand Ngoh Ngoh d’avoir commandité l’assassinat du journaliste.
Pour Me Zeiffman, ces accusations visant Ferdinand Ngoh Ngoh dans l'affaire Martinez Zogo sont « infondées ». Elle estime que les allégations reposent davantage sur des rumeurs, des hypothèses et des versions contradictoires que sur des preuves établies.
Elle critique notamment la thèse du « second commando », qu'elle juge incohérente, et rappelle que seule une décision de justice fondée sur des éléments probants peut établir une responsabilité pénale.
Me Félicité Zeiffman appelle au respect de la présomption d'innocence, au rejet de la manipulation et à la primauté du droit sur les spéculations.
« ASSEZ DE MANIPULATIONS
On ne condamne pas un homme sur des rumeurs recyclées, des hypothèses bancales et des versions qui se contredisent elles-mêmes.
« Accuser Monsieur NGOH NGOH (que je ne connais pas) d’être le commanditaire de l’assassinat de Martinez Zogo sans preuve solide, c’est insulter le droit, la vérité et l’intelligence du public.
La prétendue thèse du “second commando” ne tient pas debout. Elle a été avancée, reprise, puis finalement vidée de sa substance par son propre auteur.
« Quand une accusation change de visage à ce point, elle cesse d’être une vérité pour devenir une construction fragile, voire une manipulation.
« Qu’on soit clair : l’émotion ne remplace pas la preuve.
Le droit pénal exige des faits précis, concordants et vérifiables, pas des récits opportunistes servis pour accabler un nom.
« Tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’établit la responsabilité de Monsieur Ngoh Ngoh, cette thèse reste ce qu’elle est : une accusation gratuite.
« Il faut donc refuser la facilité, résister à la propagande et rappeler une règle simple : la justice n’est pas un théâtre, et la réputation d’un homme n’est pas un gibier politique. »