Opération aux genoux, complications, nouvelle hospitalisation : Jeune Afrique lève le voile sur le vrai état de santé de Paul Biya

Operation Genous Image illustrative

Thu, 30 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Le président camerounais a subi une opération aux genoux à Genève. Des complications post-opératoires l'ont empêché de marcher et ont conduit à une nouvelle hospitalisation. Un malaise supplémentaire autour du 11 juillet a nécessité une prise en charge d'urgence. Jeune Afrique révèle ce que la présidence s'obstine à nier.

La présidence camerounaise continue de démentir. Mais Jeune Afrique, dans une révélation exclusive qui constitue la percée informationnelle la plus significative depuis le début de cette crise, lève le voile sur ce que le régime dissimule depuis plus de cinquante jours. Paul Biya n'est pas en « court séjour privé ». Il n'est pas non plus en « congé de 80 jours » comme l'a maladroitement suggéré Grégoire Owona. Il est un homme de 93 ans qui a subi une opération chirurgicale, connu des complications graves, été hospitalisé à deux reprises et qui, selon une source diplomatique de Jeune Afrique, « commence à peine à se remettre de ses interventions ».

Le récit complet : du malaise du 20 mai à la double hospitalisation

Jeune Afrique reconstitue la chronologie médicale avec une précision documentaire inédite. Tout commence le 20 mai 2026, lors de la réception donnée au palais de l'Unité à Yaoundé à l'occasion de la fête nationale. Paul Biya est victime d'un malaise — un épisode que nos confrères avaient déjà révélé et que la présidence avait démenti. C'est dans ce contexte qu'il quitte le Cameroun le 7 juin, en compagnie de la première dame Chantal Biya, du directeur du cabinet civil Samuel Mvondo Ayolo et du vice-amiral Joseph Fouda.

À son arrivée à Genève, il s'installe d'abord à l'hôtel InterContinental — la résidence habituelle de la délégation présidentielle camerounaise dans la cité lémanique. Puis il est admis dans une clinique privée. La présidence dément cette hospitalisation. Jeune Afrique la confirme et va plus loin : selon les informations exclusives de nos confrères, le président a subi une opération aux genoux.

C'est à la suite de cet acte chirurgical que la situation se complique. Des complications post-opératoires apparaissent, entravant les déplacements du chef de l'État. Dans l'incapacité de marcher, Paul Biya est hospitalisé une seconde fois. Sa condition devient suffisamment préoccupante pour que ses accès soient restreints : il n'a pu recevoir la visite que d'une petite partie de la délégation camerounaise présente en Suisse, selon Jeune Afrique.

Mais ce n'est pas tout. Jeune Afrique révèle un troisième épisode médical alarmant : autour du 11 juillet, Paul Biya aurait été victime d'un nouveau malaise, nécessitant une prise en charge hospitalière d'urgence. Une source diplomatique citée par nos confrères sous couvert d'anonymat indique que son état n'est « pas alarmant » — mais que le président est « toujours sous traitement médical » et qu'il « commence à se remettre de ses interventions chirurgicales ».

La formulation est révélatrice. On ne « commence à se remettre » que lorsqu'on a traversé une période de dégradation sérieuse. Et l'emploi du pluriel — « interventions chirurgicales » — confirme qu'il y a eu plusieurs actes médicaux, et non un simple séjour de repos comme la présidence a voulu le faire croire pendant plus de cinquante jours.

Ce que la présidence sait et cache

Ce tableau médical, révélé par Jeune Afrique avec une précision qui tranche radicalement avec le brouillard informatif entretenu par le régime, explique rétrospectivement plusieurs éléments qui avaient paru inexplicables.

Il explique pourquoi le retour, préparé à plusieurs reprises — le protocole et la sécurité avaient été placés en alerte à Yaoundé — a été annulé au dernier moment sans explication. On ne fait pas voyager par avion un homme de 93 ans qui vient de subir plusieurs interventions chirurgicales avec complications, et qui a connu un malaise supplémentaire le 11 juillet, si les conditions médicales ne sont pas réunies.

Il explique aussi pourquoi aucune image récente du président n'a été rendue publique. Un homme dans l'incapacité de marcher, sous traitement médical actif, ne peut pas être présenté à l'opinion publique dans cet état sans provoquer précisément la crise politique que le régime s'efforce d'éviter.

Il explique enfin pourquoi Samuel Mvondo Ayolo a multiplié les assurances verbales auprès de Jeune Afrique sans jamais produire le moindre élément factuel vérifiable. Il n'y a pas d'images rassurantes à montrer — parce que la réalité médicale ne permet pas d'en produire.

Ce que Jeune Afrique révèle avec ces informations exclusives, c'est que la dissimulation de l'état de santé de Paul Biya n'est pas un problème de communication. C'est un choix politique délibéré aux conséquences institutionnelles potentiellement graves. Un président hospitalisé, dans l'incapacité de marcher, ayant subi plusieurs interventions chirurgicales et un malaise supplémentaire en juillet, est-il en mesure d'exercer pleinement ses fonctions constitutionnelles ? C'est la question que le régime refuse de poser — et que les citoyens camerounais ont pourtant le droit fondamental de voir posée et répondue.

Source: www.camerounweb.com