Alors que le pays est suspendu à l'absence prolongée du président Paul Biya et aux rumeurs sur son état de santé, une décision inattendue a secoué le sérail : la mise à la retraite du général de division Hector Marie Tchemo, Major général à l'État-major des Armées. Un acte dont le timing interroge et qui risque d'ouvrir un nouveau front dans une actualité déjà chargée.
Quel était l'urgence de cet acte en ce moment où l'actualité autour de l'absence du chef de l'État fait des vagues au sein de l'opinion publique ? Alors que les Camerounais sont tout ouï à ce qui se passe autour du séjour genevois du président de la République, ceux qui gèrent les affaires courantes depuis Yaoundé ont trouvé comme urgence la mise à la retraite d'un serviteur de l'État de longues dates dans des conditions bancales.
Pourquoi ouvrir ce front de l'actualité maintenant, alors que le peuple est écartelé entre les comptes rendus quotidiens du journal Jeune Afrique, devenu à l'occasion « l'écho du palais », et les tentatives de démenti des institutionnels ?
Si l'information est vraie, le général Hector Tchemo aurait décidé de passer outre cette décision de mise à la retraite. Un acte de résistance qui, s'il se confirme, plongerait l'armée dans une crise de commandement sans précédent. Comment gère-t-on ce genre de situation, alors que les tensions sont déjà vives ?
Créer des foyers d'incendie alors que le pays traverse des moments difficiles ressemble plutôt à un suicide collectif. Les Camerounais ont besoin d'être rassurés et de sérénité en ce moment. Cette mise à la retraite précipitée risque au contraire de jeter de l'huile sur le feu.
Cette décision s'ajoute à une longue liste de crises qui secouent le Cameroun : absence prolongée du chef de l'État, affaire du faux décret, scandales miniers, luttes de succession, guerre des clans au sein du sérail. La mise à la retraite du général Tchemo, dans ce contexte, apparaît comme une provocation ou une erreur de calcul qui pourrait avoir des conséquences graves.