Coup d'Etat : deux puissants généraux s'affrontent

Tchemo Retraitre Image illustrative

Thu, 30 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

« Celui qui exerce réellement la fonction est écarté, tandis que celui qui n'exerce plus rien depuis des mois reste en poste. » C'est le paradoxe soulevé par le décret du 28 juillet 2026, qui admet le général de division Hector Marie Tchemo, 84 ans, en deuxième section, alors que le général René Claude Meka, 87 ans, chef d'état-major des Armées, absent de la scène publique depuis plusieurs mois pour raison de santé, demeure officiellement à la tête de l'institution militaire. Sur la forme, rien à redire : l'âge est largement dépassé, la procédure est régulière. Mais c'est le timing qui interpelle. Alors que Paul Biya séjourne en Suisse depuis plus de cinquante jours, que la chaîne de commandement réelle au sommet de l'armée est fragilisée, ce décret soulève une question simple mais lourde de sens : qui commande, aujourd'hui, l'armée camerounaise ? Et si ce départ visait moins à sanctionner l'âge qu'à neutraliser une autorité militaire jugée trop influente, au moment précis où le sommet de l'État se trouve fragilisé ?



#Chronique : Il y a des décisions qui, sur le papier, respectent la lettre du droit militaire, mais qui, dans les faits, soulèvent plus de questions qu'elles n'en résolvent. Le décret du 28 juillet dernier admettant le général de division Hector Marie Tchemo, 84 ans, en deuxième section, en fait partie.

Sur la forme, rien à redire. L'âge est largement dépassé, la procédure est régulière, et personne ne conteste sérieusement le principe d'un départ à la retraite militaire pour un officier ayant servi plus de soixante ans. Mais c'est le timing qui interpelle, et c'est précisément là que la logique commence à s'effriter.

Le général René Claude Meka, chef d'état-major des Armées, 87 ans, est absent de la scène publique depuis plusieurs mois pour raison de santé. Il n'a pourtant fait l'objet d'aucune mesure similaire. Il demeure, officiellement, à la tête de l'institution militaire, alors même que c'est Tchemo, en tant que Major général, qui assurait de fait la continuité du commandement en son absence : coordination administrative, représentation, gestion du quotidien.

Autrement dit : celui qui exerce réellement la fonction est écarté, tandis que celui qui n'exerce plus rien depuis des mois reste en poste. Ce paradoxe alimente une question simple mais lourde de sens : qui commande, aujourd'hui, l'armée camerounaise ?

Le décret, dans un premier temps annoncé de façon laconique à la CRTV, a depuis été officiellement publié ce jeudi matin par le Cabinet civil de la présidence de la République, confirmant ainsi son authenticité et levant les incertitudes qui avaient entouré sa lecture initiale. Cette officialisation ne dissipe cependant pas le malaise autour du calendrier de la décision, ni la question de fond qu'elle continue de poser sur la chaîne de commandement réelle au sommet de l'armée.

Le contexte général n'aide pas à dissiper les soupçons. Paul Biya, 93 ans, séjourne en Suisse depuis plus de cinquante jours, une absence sans précédent qui relance les interrogations sur qui, concrètement, signe et décide à Yaoundé pendant ce temps. Dans ce climat d'incertitude institutionnelle, chaque décret prend une portée politique qui dépasse largement son objet apparent.

Reste une hypothèse que plusieurs observateurs avancent à mots couverts : et si ce départ visait moins à sanctionner l'âge qu'à neutraliser une autorité militaire jugée trop influente, trop loyale à elle-même, au moment précis où le sommet de l'État se trouve fragilisé ? Rien ne le confirme officiellement. Mais dans un système où l'opacité tient lieu de règle, le silence du pouvoir nourrit davantage les spéculations qu'il ne les éteint.

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