Vacances du pouvoir un ministre de Paul Biya trahit un secret

Elvis Ngole Ngolecc Image illustrative

Fri, 31 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

« Biya est là-bas ; il y a des Camerounais là-bas. Vous le verrez. » C'est la réponse du professeur Elvis Ngole Ngole, ancien ministre des Forêts et de la Faune et actuel responsable de l'Académie du RDPC, aux journalistes qui s'interrogent sur l'absence prolongée du président Paul Biya à Genève, où il séjourne depuis 54 jours. Qualifiant ce séjour de « routine normale », il a invité les journalistes inquiets à se rendre eux-mêmes en Suisse pour constater la présence du chef de l'État. Une déclaration qui transfère la responsabilité de la transparence de la Présidence vers les journalistes et les citoyens, comme s'il leur appartenait de partir à la recherche du président dans un pays étranger. Ngole Ngole est le dernier responsable du RDPC à défendre ce séjour prolongé, après les ministres de l'Enseignement supérieur et du Travail. Mais les assurances ne sont accompagnées d'aucune preuve : aucune apparition publique récente, aucune conférence de presse, aucun message direct aux Camerounais. À 54 jours d'absence, et alors que certains laissent entendre que ce séjour pourrait durer 80 jours, répéter que tout est normal sans rien montrer au pays ressemble moins à une tentative de rassurer qu'à une volonté de faire taire des préoccupations publiques parfaitement légitimes.



Le professeur Elvis Ngole Ngole, ancien ministre des Forêts et de la Faune et actuel responsable de l’Académie du RDPC, a qualifié de « routine normale » le séjour prolongé du président Paul Biya à Genève.

S’exprimant sur la chaîne de télévision My Media Prime, basée à Douala, le politologue a soutenu qu’il n’y avait rien d’inhabituel dans la durée du séjour du président à l’étranger.

Il est allé plus loin en invitant les journalistes préoccupés par l’absence de Biya à se rendre eux-mêmes à Genève.

« Biya est là-bas ; il y a des Camerounais là-bas. Vous le verrez », a déclaré Ngole Ngole.

Cette déclaration revient à transférer la responsabilité de la transparence de la Présidence vers les journalistes et les citoyens ordinaires, comme s’il leur appartenait de partir à la recherche du chef de l’État dans un pays étranger.

Elle ignore également un fait élémentaire : même lorsque Biya se trouve au Cameroun, il est rarement vu, rarement entendu et presque jamais soumis aux questions directes du public.

Ngole Ngole a soutenu que le séjour prolongé du président à l’étranger ne violait pas la Constitution.

Mais la question ne se limite pas à savoir si Biya est légalement autorisé à rester hors du pays. La véritable préoccupation est de savoir si un président peut disparaître de la scène publique pendant des semaines, pendant que de hauts responsables assurent qu’il travaille, sans fournir la moindre preuve convaincante.

« Votre inquiétude ne rend pas sa présence là-bas illégitime », a déclaré Ngole Ngole.

Cette réponse ne traite pas la véritable question.

Les Camerounais ont le droit de savoir où se trouve leur président, s’il est en état de gouverner, quelles activités officielles il mène et pourquoi aucune date précise n’a été annoncée pour son retour.

Ngole Ngole est le dernier responsable du RDPC à défendre le séjour prolongé de Biya en Europe. Comme les ministres de l’Enseignement supérieur et du Travail avant lui, il a apporté des assurances, mais aucune preuve.

Aucune apparition publique récente n’a été montrée. Aucune conférence de presse n’a été organisée. Aucun message direct n’a été adressé aux Camerounais.

Biya a désormais passé 54 jours hors du pays. Le ministre du Travail, Grégoire Owona, a laissé entendre que ce séjour pourrait durer jusqu’à 80 jours.

À un certain stade, répéter que tout est normal sans rien montrer au pays ressemble moins à une tentative de rassurer qu’à une volonté de faire taire des préoccupations publiques parfaitement légitimes.

Source: www.camerounweb.com