La mauvaise nouvelle attendue : la défense du régime se prend les pieds dans son propre argumentaire juridique

PAUL BIYA OTAGE Image illustrative

Tue, 4 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Face à l'absence prolongée de Paul Biya, plusieurs cadres du régime se sont relayés ces dernières semaines pour tenter de désamorcer les interrogations sur une éventuelle vacance du pouvoir. Mais une lecture attentive des arguments avancés, tels que rapportés par une enquête de Jeune Afrique, révèle des lignes de défense qui, loin de se renforcer mutuellement, se contredisent parfois frontalement.

D'un côté, Jeune Afrique rapporte que Jacques Fame Ndongo, ministre d'État et secrétaire national à la communication du RDPC, affirme que Paul Biya « continue de gouverner à distance », examinant personnellement les dossiers soumis par ses collaborateurs. La thèse défendue est celle d'une continuité pleine et entière de l'exercice du pouvoir, malgré l'éloignement géographique.

De l'autre, toujours selon l'enquête de Jeune Afrique, Grégoire Owona, ministre du Travail et numéro deux du RDPC, développe une tout autre lecture : celle d'un président assimilé à un « fonctionnaire de la République » en droit à un congé pouvant, par analogie avec le Code du travail, s'étendre légalement jusqu'à 80 jours. Une thèse qui, à l'inverse de celle de Fame Ndongo, suppose implicitement une forme de mise en retrait de l'exercice quotidien du pouvoir — sans quoi la notion même de « congé » perdrait tout son sens.

Ce que révèle la juxtaposition de ces deux éléments rapportés par Jeune Afrique, c'est l'absence d'une ligne de communication unifiée au sein même du premier cercle du pouvoir : gouverne-t-il activement depuis la Suisse, ou est-il en repos prolongé ? Ces deux versions, défendues avec la même assurance par des cadres de premier plan du RDPC, ne peuvent logiquement coexister — un flottement qui, loin de rassurer l'opinion, alimente précisément les spéculations que le régime cherche à combattre.

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