Les candidats demandent des explications sur les critères de sélection
Après plus d'un an de sélection, les candidats pointent les difficultés rencontrées lors des épreuves en ligne et s'étonnent de la publication directe de la liste des admis, sans liste d'admissibilité ni épreuves orales, comme ils s'y attendaient.
Le concours de recrutement de 157 agents d’encadrement moyen lancé par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) suscite de nombreuses interrogations parmi des candidats. Après plus d’une année de sélection, plusieurs participants dénoncent un manque de transparence dans la phase finale du processus et réclament des explications sur les modalités ayant conduit à la publication des résultats définitifs.
Le concours avait été officiellement lancé le 17 mars 2025, dans le cadre d’une campagne de recrutement destinée à renforcer les effectifs de la banque centrale des six pays de la CEMAC.
Après plusieurs mois d’étude des dossiers, la liste des candidats présélectionnés avait été publiée en novembre 2025. Les épreuves préliminaires s’étaient ensuite déroulées en ligne, au mois de décembre 2025, permettant aux candidats de se familiariser avec la plateforme numérique de composition et de surveillance.
C’est sur cette première étape que plusieurs candidats expriment aujourd’hui leurs premières réserves.
Selon les témoignages recueillis, l’organisation d’épreuves entièrement numériques aurait pénalisé de nombreux postulants, notamment dans des pays confrontés à des coupures fréquentes d’électricité et à une couverture internet jugée insuffisante. Certains affirment ne pas avoir pu terminer les tests dans des conditions normales en raison de difficultés techniques indépendantes de leur volonté.
Les épreuves de la première phase se sont poursuivies du 7 au 9 janvier 2026 avec les tests de culture générale et les épreuves psychotechniques, elles aussi organisées en ligne.
Le 10 mars 2026, la BEAC publiait la liste des candidats retenus à l’issue de cette première phase, ouvrant la voie aux épreuves de spécialité.
Ces dernières se sont déroulées en avril 2026, cette fois en présentiel. Les candidats camerounais ont composé au siège central de la BEAC à Yaoundé, tandis que les autres postulants ont été accueillis dans les directions nationales de la banque centrale ou, pour les candidats résidant en France, à Paris.
Jusqu’à cette étape, plusieurs candidats estiment que le calendrier annoncé était respecté.
C’est la suite du processus qui alimente aujourd’hui les critiques.
Selon plusieurs participants, les épreuves de spécialité devaient normalement être suivies de la publication d’une liste intermédiaire des candidats admissibles, avant l’organisation des épreuves orales, conformément au déroulement habituel de nombreux concours de recrutement.
Or, à leur grande surprise, la BEAC a publié le 31 juillet 2026 la liste des candidats définitivement admis, appelés à intégrer le stage probatoire à compter du 1er septembre 2026, sans publication préalable d’une liste d’admissibilité ni convocation aux oraux, selon les candidats qui contestent le processus.
Cette situation soulève de nombreuses interrogations parmi les postulants non retenus.
Plusieurs s’interrogent sur les critères effectivement retenus pour établir la liste définitive, sur l’éventuelle suppression de l’étape orale et sur les raisons qui ont conduit à modifier, selon eux, le déroulement attendu du concours sans communication publique détaillée.
Au-delà des résultats eux-mêmes, les candidats disent souhaiter davantage de transparence dans les procédures de recrutement d’une institution communautaire aussi importante que la Banque des États de l’Afrique centrale.
Boris Bertolt