Depuis deux mois, Paul Biya est absent du pays. Il se trouve à Genève, en Suisse, pour des raisons médicales – une opération au genou suivie d'un traitement contre un cancer de la prostate – malgré les démentis catégoriques de la présidence. Cette longue absence, la plus longue depuis son arrivée au pouvoir en 1982, soulève une question fondamentale : qui gouverne réellement le Cameroun ? L'histoire nous enseigne que lorsque le chef de l'État entre dans une phase où sa santé décline, notamment lorsqu'il commence à montrer des signes de sénilité, il n'est pas rare que dans certains régimes un « cabinet noir » prenne les rênes du pouvoir. Ce cabinet, composé de conseillers influents, de responsables sécuritaires et parfois de proches du président, agit dans l'ombre pour diriger le pays, souvent sans transparence ni véritable contrôle démocratique. Au Cameroun, la présence effective de Paul Biya sur la scène politique semble s'amenuiser depuis longtemps. Son hospitalisation prolongée en Suisse vient renforcer l'idée qu'il n'est plus le véritable acteur des grandes décisions. Les récents mouvements à la tête de l'armée, les nominations contestées, la vacance du poste de vice-président et les décrets signés sans que le chef de l'État ne soit physiquement présent au Cameroun alimentent les soupçons d'une gouvernance parallèle. Ce scénario fait craindre que derrière le rideau, un groupe restreint – le clan de Chantal Biya, Ferdinand Ngoh Ngoh, Oswald Baboke, Samuel Mvondo Ayolo – gère les affaires de l'État selon ses propres intérêts, sans rendre de comptes aux citoyens. Cette situation met en lumière une problématique majeure : celle de la gouvernance opaque et du vide institutionnel dans lequel se trouve le pays. Le maintien d'un président hors du territoire national, sans mécanismes clairs de délégation ou de contrôle, ouvre la porte à l'émergence d'un pouvoir occulte. Ce cabinet noir, par définition, échappe à la vigilance populaire et aux institutions légitimes, alimentant ainsi la défiance et la colère au sein de la population. Pour que le Cameroun retrouve une gouvernance transparente et responsable, il est urgent d'instaurer des règles claires concernant la gestion du pouvoir en cas d'incapacité manifeste du chef de l'État. Sans cela, la République risque de demeurer sous la coupe de forces invisibles, éloignées des aspirations profondes du peuple camerounais.
Un cabinet noir qui gouverne le Cameroun
Depuis deux mois, Paul Biya est absent du pays. Il se trouve à Genève, en Suisse, pour des raisons médicales malgré le démenti catégorique de la présidence : une opération au genou suivie d’un traitement contre un cancer de la prostate. Cependant, cette longue absence soulève de nombreuses interrogations quant à la réalité du pouvoir à Yaoundé.
L'histoire nous enseigne, lorsque le chef de l'État entre dans une phase où sa santé décline, notamment lorsqu’il commence à montrer des signes de sénilité, il n’est pas rare que dans certains régimes un "cabinet noir" prenne les rênes du pouvoir. Ce cabinet, composé de conseillers influents, de responsables sécuritaires et parfois de proches du président, agit dans l’ombre pour diriger le pays, souvent sans transparence ni véritable contrôle démocratique.
Au Cameroun, la présence effective de Paul Biya sur la scène politique semble s’amenuiser depuis longtemps. Son hospitalisation prolongée en Suisse vient renforcer l’idée qu’il n’est plus le véritable acteur des grandes décisions. Ce scénario fait craindre que derrière le rideau, un groupe restreint gère les affaires de l’État selon ses propres intérêts, sans rendre de comptes aux citoyens.
Cette situation met en lumière une problématique majeure : celle de la gouvernance opaque et du vide institutionnel dans lequel se trouve le pays. Le maintien d’un président hors du territoire national, sans mécanismes clairs de délégation ou de contrôle, ouvre la porte à l’émergence d’un pouvoir occulte. Ce cabinet noir, par définition, échappe à la vigilance populaire et aux institutions légitimes, alimentant ainsi la défiance et la colère au sein de la population.
Pour que le Cameroun retrouve une gouvernance transparente et responsable, il est urgent d’instaurer des règles claires concernant la gestion du pouvoir en cas d’incapacité manifeste du chef de l'État. Sans cela, la République risque de demeurer sous la coupe de forces invisibles, éloignées des aspirations profondes du peuple camerounais.