Loin de n'être qu'un simple complexe de loisirs, le resort golfique construit par le ministre du Travail Grégoire Owona dans son village natal de Ngomedzap s'inscrit, selon une enquête de Jeune Afrique, dans une stratégie de reconquête d'un ancrage politique local disputé, ravivant des tensions inédites au sein même de cette localité du département de la Nyong-et-So'o.
Jeune Afrique rappelle un fait politique essentiel pour comprendre les enjeux de ce dossier : si Grégoire Owona est bien né à Ngomedzap, c'est à Douala qu'il a construit l'intégralité de sa carrière politique initiale, en tant que conseiller municipal dès 1987 puis député l'année suivante. Ce n'est qu'après son entrée au gouvernement en 1997 et son installation définitive à Yaoundé qu'il choisit de se recréer une base électorale dans le Centre, délaissant ses anciens camarades de parti doualais — un choix stratégique de reconversion territoriale qui, selon l'enquête, n'a jamais fait l'unanimité auprès des élites locales de Ngomedzap.
Une rivalité ouverte avec la maire de la commune
L'enquête de Jeune Afrique documente précisément la nature de ces tensions, citant un différend de longue date entre Grégoire Owona et Bleue Régine Tsoungui, l'actuelle maire de Ngomedzap, qui chercherait selon le média à limiter systématiquement l'influence du ministre sur les affaires locales. Jeune Afrique cite également un entrepreneur local, selon lequel la construction du resort aurait permis à Grégoire Owona de reconfirmer sa place de chef de file de l'élite socio-politique de l'arrondissement, précisément au moment où cette position se voyait contestée par des rivaux locaux, au point de provoquer des « batailles jusque-là inédites » dans le village.
Ce que cette bataille de leadership, documentée par Jeune Afrique, met en évidence, c'est la manière dont un investissement en apparence purement sportif et touristique peut, dans le contexte camerounais, se muer en un outil de réaffirmation d'autorité politique locale — une source précise même que le nombre de personnalités nationales ayant défilé sur le site depuis son ouverture aurait suffi à transformer le golf en véritable « emblème » de la ville, renforçant d'autant l'aura politique de son promoteur face à ses détracteurs locaux.