Le président dirige le club, mais il n’est pas à lui seul le Bureau exécutif
La décision sur la suspension des deux vice-présidents de l’Unisport du Haut-Nkam par le président Roger Sièwè a été prise sans consultation préalable du Bureau exécutif du club. Les vice-présidents ont été élus par l’Assemblée générale et que toute procédure disciplinaire devrait respecter les statuts du club et permettre aux intéressés de se défendre.
À quelques jours de l’Assemblée générale du 29 août 2026, la suspension des deux vice-présidents de l’Unisport FC du Haut-Nkam, François Xavier Kemeni et Fred Sièwè, met surtout en lumière les limites du pouvoir exercé par le président Roger Sièwè.
La mise au point publiée le 24 août par les deux responsables pose un problème simple : un président de club ne peut pas transformer son pouvoir de direction en pouvoir absolu.
La décision N°0022/BEX/UNISPORT/2026, prise pour suspendre les deux vice-présidents, intervient sans réunion préalable du Bureau exécutif. Or, selon le document rendu public, le BEX est composé de quatre membres : le président, les deux vice-présidents et le trésorier.
Roger Sièwè a donc pris une décision touchant directement deux membres du Bureau exécutif sans passer par le Bureau exécutif lui-même.
C’est précisément là que cette suspension atteint sa première limite.
UN PRÉSIDENT NE PEUT PAS SE SUBSTITUER AU BUREAU EXÉCUTIF
Le président dirige le club, mais il n’est pas à lui seul le Bureau exécutif.
Lorsque des responsables ont été élus au sein d’une structure associative, leur suspension ne peut pas reposer uniquement sur la volonté d’un autre membre de cette même structure, fût-il président.
La mise au point des vice-présidents est claire : aucune réunion du BEX n’a précédé leur suspension.
Cela signifie que Roger Sièwè a décidé seul d’écarter deux membres élus d’un organe collectif.
Dans une association organisée par des statuts, le pouvoir se partage entre plusieurs instances. Le président représente et dirige, le Bureau exécutif administre, et l’Assemblée générale reste l’organe souverain sur les grandes orientations et sur les mandats qui lui sont directement rattachés.
La fonction présidentielle ne peut donc pas absorber toutes les autres.
DES VICE-PRÉSIDENTS ÉLUS PAR L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
François Xavier Kemeni et Fred Sièwè rappellent également un élément essentiel : ils ont été élus par l’Assemblée générale.
Cette précision donne toute sa dimension au problème.
Lorsqu’un responsable tire son mandat directement de l’Assemblée générale, son éviction ne peut pas devenir une simple décision administrative prise dans un bureau.
L’Assemblée générale qui élit dispose naturellement d’un rôle central lorsqu’il s’agit de remettre en cause ce mandat.
Le principe est simple : celui qui ne donne pas le mandat ne peut pas, à lui seul, se comporter comme s’il pouvait le retirer.
C’est pourquoi la suspension des deux vice-présidents ne règle rien. Elle ouvre au contraire une crise institutionnelle supplémentaire à l’intérieur du Flambeau de l’Ouest.
DES ACCUSATIONS GRAVES NE REMPLACENT PAS UNE PROCÉDURE
Roger Sièwè porte des accusations graves contre les deux vice-présidents.
Mais une accusation, aussi grave soit-elle, ne constitue ni une preuve ni une procédure disciplinaire.
La gravité des faits reprochés impose justement davantage de rigueur.
Il faut établir les faits, produire les éléments de preuve, permettre aux personnes accusées de répondre et saisir l’organe compétent.
On ne peut pas remplacer toutes ces étapes par une décision présidentielle.
La discipline d’un club ne peut pas fonctionner selon la logique : j’accuse, je juge et je sanctionne.
C’est précisément pour éviter ce type de concentration des pouvoirs que les associations disposent de statuts, de bureaux exécutifs, de conseils et d’assemblées générales.
FRED SIÈWÈ DOIT RENDRE COMPTE DEVANT L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Le communiqué rappelle également que Fred Sièwè a reçu une délégation de pouvoirs de l’Assemblée générale et qu’il doit rendre compte devant celle-ci lors des assises du 29 août.
Ce point affaiblit davantage la portée de sa suspension.
S’il existe des interrogations sur sa gestion, le cadre le plus naturel pour les examiner est précisément l’Assemblée générale.
Les membres ont le droit d’entendre son rapport. Ils ont le droit de poser des questions. Ils ont le droit d’approuver ou de rejeter sa gestion. Ils ont enfin le droit de prendre les décisions qu’ils jugent nécessaires. Empêcher un responsable de se présenter devant l’organe auquel il doit rendre compte ne clarifie pas la situation. Cela déplace simplement le problème et nourrit davantage les soupçons.
À QUELQUES JOURS DE L’ÉLECTION, LE CALENDRIER INTERROGE
Il y a également le moment choisi. Les deux vice-présidents sont suspendus à quelques jours de l’Assemblée générale élective du 29 août.
Une décision aussi lourde prise à la veille d’une échéance électorale modifie nécessairement les rapports de force internes.
Le résultat est évident : au lieu de préparer sereinement l’Assemblée générale, cette décision plonge davantage le club dans les tensions, les communiqués, les accusations et les règlements de comptes.
Un président qui veut préserver son institution doit rechercher l’apaisement, la transparence et le respect des procédures.
Ce qui se passe aujourd’hui à l’Unisport produit l’effet inverse.
LA SUSPENSION NE PEUT PAS REMPLACER LES STATUTS
Le véritable problème n’est donc pas de savoir si Roger Sièwè apprécie ou non ses vice-présidents.
Le problème est institutionnel. Le président de l’Unisport exerce un mandat. Il n’exerce pas un pouvoir sans limites. Les autres membres du Bureau exécutif exercent également des mandats.
L’Assemblée générale possède ses propres prérogatives. Les statuts constituent la règle commune. Aucun dirigeant ne peut placer sa volonté personnelle au-dessus de cette architecture.
C’est là toute la faiblesse de cette suspension : elle cherche à résoudre par une décision individuelle un problème qui relève des institutions du club.
L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DOIT REPRENDRE SES DROITS
Le 29 août doit donc être le moment où l’Unisport revient à ses fondamentaux.
Que les responsables présentent leurs rapports. Que les accusations soient exposées. Que les preuves soient produites. Que chacun puisse répondre.
Et que l’Assemblée générale exerce pleinement son autorité.
Le Flambeau de l’Ouest ne peut pas continuer à fonctionner au rythme des suspensions et des guerres de personnes.
Roger Sièwè est président de l’Unisport, mais il n’est pas l’Unisport à lui seul.
C’est précisément la leçon principale de cette crise.
Les institutions d’un club sont toujours plus grandes que celui qui les dirige.
Kamerfoot