Le 116, numéro destiné aux victimes, ne serait accessible qu’en journée
Face à la multiplication des féminicides, Nchang Belinga s’est rendu au ministère en charge de la promotion de la femme pour comprendre les dispositifs mis en place. Selon son témoignage, un seul centre d’accueil serait actuellement disponible à Yaoundé pour les femmes en détresse, avec une prise en charge limitée à 72 heures. Plus inquiétant encore : le 116, numéro destiné aux victimes, ne serait accessible qu’en journée.
Une situation qui soulève une question essentielle : que fait une femme victime de violences lorsqu’elle est en danger en pleine nuit ?
Nchang Belinga estime que les dispositifs actuels restent largement insuffisants et appelle à la mise en place de véritables structures d’urgence et de systèmes de protection accessibles 24h/24 et 7j/7.
Alors que le pays est confronté à une série de féminicides, le débat sur la protection des femmes ne peut plus attendre.
« Dans un pays où en moins de deux semaines, nous avons 8 femmes qui perdent leurs vies, qu’est-ce que le ministère de la promotion de la famille, des enfants et de la femme fait ?
Je suis parti moi-même demander aujourd’hui. Il est vrai que je n’ai pas pu demander à la ministre elle-même parce que je n’avais pas de rendez-vous avec elle... Et voilà les choses qu’ils ont mis à disposition (...) je ne sous-estime pas le travail qui est fait mais ça fait rire ! Ce n’est pas suffisant !!
Qu’est-ce qu’on m’a dit, premièrement :
Dans tout Yaoundé, pour le moment, il y a seulement un centre d’accueil pour les femmes en détresse, qui est collé à l’hôpital de la caisse. Et on peut te tenir là-bas seulement pendant 72h en attendant qu’on cherche des solutions à ton problème.
Deuxième chose, il y a le 116 que tu peux appeler mais ça fonctionne seulement en journée. Et je me demande, depuis quand les victimes de violences domestiques et abus, fuient en journée ? Vous avez déjà vu ça ? Si tu es dans une situation dangereuse et que tu veux sortir, le ministère de la protection de la famille, l’enfant et la femme n’a pas de numéro de secours qui fonctionne la nuit. Tu vas faire comment ?
J’ai aussi demandé si il y’a les lois qui sont mis en place... La dame m’a dit oui, il y’a le dossier technique quoi, il y’a quelque chose en cours comme ça. Ça va être en cours pour combien de temps ?
Parce que la dernière fois que j’ai entendu parler de modification de loi pour protéger la femme c’était quand Divine, paix à son âme, était passée.
Quand j’étais en train de faire les tours ci, on m’a dit qu’il y a encore une autre fille qu’on a off. Ça ce sont des crimes passionnels violents! Cogner quelqu’un sur la tête est différent de prendre la machette pour décapiter comme si tu voulais mettre les condiments pour la braise ou bien le barbecue.
Ça c'est le pays où on se trouve ! Moi en tant que femme, je ne me sens pas sécurisée. Je suis en train d'espérer que tout ce qu'on m'a dit aujourd'hui ce n'est pas seulement ça. On m'a parlé de campagne de 16 jours, mais je parle de structures, de systèmes en place qui protègent les Femmes !
C'est minable! Pour un pays qui a vécu plus de 60 ans après l'indépendance, aussi riches que nous sommes, ce n'est pas assez ! Si vous êtes dans un pays où huit femmes meurent en 8 jours vous faites quoi ?
Tsuiiiiips »