L'état de la richesse naturelle du pays

Important Carrefour A Yaounde.png Richesse naturelle

Tue, 1 Sep 2026 Source: L’Indépendant n°1059

Le 15 juillet 2025, le Groupe de la Banque mondiale a publié le Rapport sur la situation économique 2025 du Cameroun, intitulé « L'or vert du Cameroun : valoriser les forêts et le capital naturel ». Le rapport fournit une analyse complète des évolutions économiques récentes du pays, des perspectives à moyen terme et du rôle essentiel de la comptabilisation de la richesse dans l'évaluation des performances économiques du pays.

Le rapport insiste particulièrement sur l'importance des forêts durables et la gestion des ressources naturelles en tant que moteurs d'un développement inclusif et résilient. Selon le rapport, le PIB du Cameroun a augmenté de 3,5 % en 2024, contre 3,2 % en 2023, sous l'effet de la hausse des prix du cacao, de l'augmentation des rendements du coton et de l'amélioration de l'approvisionnement en électricité.

L'inflation moyenne a fortement diminué, passant de 7,4 % à 4,5 % entre 2023 et 2024, grâce au resserrement de la politique monétaire, au contrôle des prix et à la réduction de l'inflation des importations. Le déficit du compte courant s'est réduit, passant de 4,1 % à 3,4 % du PIB, principalement en raison de la flambée des prix du cacao.

Cependant, le déficit budgétaire global s'est creusé à 1,5 % du PIB, contre 0,7 % du PIB en 2023, en raison d'un dérapage des dépenses courantes et de recettes plus faibles que prévu. La dette publique a légèrement augmenté, passant de 46,1 % à 46,8 % du PIB, principalement sous forme de dette extérieure.

Les perspectives à moyen terme sont modérément positives, avec une croissance moyenne du PIB réel estimée à 3,9 % entre 2025 et 2028, soutenue par l'amélioration de la production d'électricité et l'accroissement des investissements publics, en particulier dans le secteur de la construction. L'inflation moyenne devrait encore diminuer pour atteindre le critère de convergence de 3 % de la Cemac d'ici 2027.

Toutefois, le déficit du compte courant devrait augmenter à environ 4 % du Pib à moyen terme, en raison de la baisse de la production et des prix pétroliers, des résultats mitigés des politiques industrielles du gouvernement et de l'augmentation des intrants résultant de l'augmentation des investissements publics et privés. Alors que la dette extérieure et la dette publique globale du Cameroun devraient rester soutenables, le pays est confronté à un risque élevé de surendettement en raison de problèmes de liquidité.

« L'économie camerounaise a fait preuve de résilience face aux chocs extérieurs, mais de multiples faiblesses structurelles, en particulier le manque d'infrastructures, entravent son potentiel », souligne Robert UTZ, économiste principal pour le Cameroun à la Banque mondiale et l'un des auteurs du rapport. « Un programme audacieux de réforme budgétaire est impératif pour combler ces lacunes et stimuler la productivité de l'ensemble de l'économie », conclut-il.

Source: L’Indépendant n°1059