Scène inédite à Yaoundé. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, le greffe du Tribunal Criminel Spécial (TCS) a été la cible d'un cambriolage qui soulève de nombreuses interrogations. Plusieurs milliards de francs CFA, des scellés de grande valeur et des dossiers judiciaires visant de hauts responsables ont disparu. L'hypothèse d'une complicité interne est sur toutes les lèvres.
Le Tribunal Criminel Spécial de Yaoundé a été victime d'un cambriolage spectaculaire dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2026. Selon les informations du TGV de l'info, les cambrioleurs ont spécifiquement ciblé le bureau des scellés, emportant plusieurs milliards de francs CFA, des scellés de grande valeur et de nombreux corps du délit issus des procédures de l'opération « Épervier ». Plus inquiétant encore, plusieurs dossiers judiciaires visant de hauts responsables du gouvernement ont disparu. En clair, le greffe a été littéralement vidé .
Une question brûlante : comment une telle intrusion a-t-elle été possible ?
Une question brûle toutes les lèvres : comment une telle intrusion a-t-elle pu se produire au sein d'une institution ultra-sécurisée, gardée jour et nuit par le Service Central des Recherches Judiciaires du SED ? L'organe d'élite de la gendarmerie nationale oppose un mutisme déconcertant, affirmant n'avoir « rien vu, ni rien entendu », une posture qui alimente les soupçons de complicités internes au plus haut niveau .
« Ce qui rend l'affaire encore plus stupéfiante, c'est que les lieux étaient placés sous la garde des éléments du Service central des recherches judiciaires du Secrétariat d'État à la défense (SED). Pourtant, l'organe d'élite de la gendarmerie nationale oppose un mutisme déconcertant, affirmant n'avoir « rien vu, ni rien entendu ». Une posture qui alimente d'ores et déjà les soupçons de complicités internes au plus haut niveau. »
Ce casse survient dans un climat particulièrement tendu, alors que le TCS enquête sur des affaires d'État explosives, notamment un réseau de trafic d'or et des soupçons de déstabilisation du pouvoir impliquant Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence .
Selon Jeune Afrique, Oswald Baboke a été entendu à plusieurs reprises par le Tribunal criminel spécial dans le cadre de deux enquêtes distinctes ordonnées par le président Paul Biya : des soupçons d'irrégularités dans le secteur de l'or au Cameroun et une tentative présumée d'utiliser un faux décret présidentiel annonçant la nomination d'un vice-président .
Les chiffres sont éloquents : le Cameroun n'a officiellement déclaré l'exportation que de 22 kilogrammes d'or en 2023, tandis que près de 15 tonnes d'or provenant prétendument du Cameroun ont été enregistrées à Dubaï la même année .
Une enquête a immédiatement été ouverte par la Légion de gendarmerie du Centre. Le Procureur du Tribunal de Grande Instance, Luc Ndi Ndi, s'est rendu sur les lieux ce 1er septembre pour effectuer les premières constatations .
Ce cambriolage, qui intervient à quelques jours du lancement des éliminatoires de la CAN 2027, risque de compromettre sérieusement les investigations en cours et de fragiliser les poursuites judiciaires engagées dans le cadre de l'opération Épervier.