Des minutes de coups de feu filmés entre armée et ambazoniens dans un marché avec les commerçantes piégées

Tout Le Monde Court En Desordre.png La guerre au Noso

Thu, 3 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Le conflit armé, qui oppose les forces de l'ordre et les combattants séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso), ne cesse de faire des victimes. C'est une guerre qui est trop souvent à l'origine de bilans catastrophiques à la fois pour la population civile et les militaires, sans oublier les pertes matérielles.

La crise, s'il faut retourner en arrière, a pour origine le découpage colonial du pays, au moment où la France et la Grande-Bretagne se sont partagé le Cameroun. Lors de la réunification en 1961, la minorité anglophone s'était vu promettre un système fédéral qui garantit son autonomie. Mais cela n'est jamais arrivé.

Au contraire, ce n'est qu'un État fortement centralisé qui a été imposé au détriment du fédéralisme, provoquant ainsi des frustrations qui durent pendant des décennies maintenant. En 2016, s'en souvient-on, des grèves pacifiques d'avocats et d'enseignants anglophones protestant contre la « francisation » de leurs institutions ont été réprimées avec violence par le régime en place, celui du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).

C'est face à cette réponse armée jugée beaucoup trop sauvage que la contestation s'est radicalisée, aboutissant fin 2017 à la proclamation symbolique d'indépendance de la « République d'Ambazonie » et à la création de milices armées. C'est le début de la guerre.

Depuis lors, les combattants séparatistes et l'armée sont devenus chien et chat. Ils se tuent entre eux, se font du mal avec souvent des victimes collatérales. La guerre en produit toujours.

Ces dernières heures, il a été vu une véritable course des populations qui se sentaient en danger. Cela s'est produit dans un marché dans la ville de Buéa, à la suite d'affrontements opposant l'armée camerounaise et les ambazoniens. La vidéo de la débandade dans ce lieu où les femmes cherchent leur pain quotidien a été partagée par le lanceur d'alerte N'zui Manto. Les femmes et les hommes se sont réfugiés derrière un mur, priant que les personnes détenant les armes ne s'approchent pas d'eux. On peut entendre dans la vidéo les coups de feu.

Sur le terrain, l'insécurité reste chronique. Ni l'armée ne parvient à éradiquer complètement la rébellion, ni les ambaboys ne disposent des moyens de contrôler durablement les débats. En l'absence d'une médiation politique inclusive, le Noso demeure une zone de non-droit où les populations continuent de payer le prix fort.

Source: www.camerounweb.com