Motaze frappe fort : À l’ANIF, le déménagement ne suffit pas à changer d’échelle

LOUIS PAUL MOTAZE SANCTION Image illustrative

Thu, 3 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

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Nouveaux bureaux, direction intérimaire et menace financière mouvante. L’agence camerounaise du renseignement financier entre dans une phase où sa crédibilité dépendra surtout de ses résultats.

Depuis le 27 juillet, l’Agence nationale d’investigation financière travaille dans de nouveaux locaux à Yaoundé. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, les a visités le 2 septembre avant une séance avec l’équipe conduite par Jean Bertin Meba, directeur par intérim après le décès d’Hubert Nde Sambone.

L’ANIF occupe une position discrète mais stratégique. Elle reçoit et analyse des déclarations d’opérations suspectes, puis transmet les dossiers pertinents aux autorités compétentes. Son efficacité concerne les banques, les assurances, les professions réglementées et, plus largement, la réputation du système financier camerounais.

Le ministre a rappelé que la criminalité change de forme et que les pays sont désormais évalués. Cette phrase renvoie à un enjeu concret. Une juridiction considérée comme insuffisamment vigilante peut voir ses transactions ralenties, ses banques soumises à davantage de contrôles et ses entreprises supporter un coût de conformité supérieur.

Le changement de bâtiment peut améliorer la sécurité des données et les conditions de travail. Il ne remplacera ni les analystes qualifiés, ni l’accès rapide aux informations, ni la coopération avec la justice et les services d’enquête. Le renseignement financier perd sa valeur lorsqu’il arrive trop tard.

La nouvelle direction devra aussi préserver l’indépendance technique de l’agence. Dans un domaine sensible, la confiance vient de procédures constantes, de statistiques publiées et de suites judiciaires documentées. Les murs signalent une ambition. Les dossiers traités, eux, diront si l’institution a réellement changé de dimension.

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