Un chauffeur vérifie son bus scolaire avant une tournée matinale dans les quartiers de Yaoundé
Les cours ne commencent pas au portail. Ils commencent dans un véhicule qui traverse Mimboman, Nkoabang et Biteng avant que la ville ne soit complètement réveillée.
Albert Mvondo est au travail à 5 h. Chauffeur de bus scolaire depuis 4 ans, il dispose d’environ 25 minutes pour préparer son véhicule avant une tournée qui traverse Mimboman, Nkoabang, Bitotol, Maetur Biteng, Okui et Cafco.
Le premier enfant monte vers 5 h 45. La collecte s’achève autour de 7 h 10. L’ordre des arrêts est calculé à partir de la distance et des embouteillages. Le moindre retard d’un parent peut décaler toute la chaîne.
Son métier demande davantage que la conduite. Les plus jeunes doivent être rassurés, confiés à des aînés lorsque cela est approprié et installés dans une ambiance qui réduit le stress des premières semaines. Le chauffeur devient alors un adulte de référence entre la maison et l’école.
Cette responsabilité devrait être accompagnée de règles visibles. État du véhicule, nombre de places, ceintures, identité des accompagnateurs, formation aux premiers secours et protocole de remise de l’enfant sont autant de points que les parents doivent pouvoir vérifier.
Le portrait d’Albert Mvondo montre aussi le coût des distances urbaines. Certains élèves passent plus de 2 heures par jour en transport, avec des effets sur le sommeil et l’attention. La ponctualité reste indispensable, mais elle ne doit pas masquer la question de fond. Une ville où les écoles sont éloignées et la circulation saturée fait commencer la fatigue avant la première leçon.