Sur le plateau de l'émission « Club d'Élites » diffusée sur Vision 4, l'analyste St-Éloi Bidoung a livré une lecture tranchée de l'état d'avancement du procès de l'affaire Martinez Zogo, estimant qu'après l'audition d'une trentaine de témoins, le dossier ne permettrait toujours pas d'établir la culpabilité de l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, l'un des principaux accusés aux côtés de Léopold Maxime Eko Eko et de Bruno Bidjang.
Selon St-Éloi Bidoung, le procès, désormais arrivé à son 34e témoin, « tend à sa fin » sans qu'aucun élément matériel n'ait, selon lui, permis d'établir l'implication directe de Jean-Pierre Amougou Belinga dans l'assassinat du journaliste. L'analyste affirme notamment qu'aucune scène de crime n'aurait été formellement établie à l'immeuble Ekang, propriété de l'homme d'affaires, contrairement à ce qui avait été annoncé au début de la procédure, et qu'aucune preuve de complicité active avec les autres accusés n'aurait, selon son analyse, été apportée aux débats.
Une arrestation jugée abusive
À l'inverse, St-Éloi Bidoung affirme que ce qui ressortirait clairement des débats, c'est le caractère selon lui abusif de l'interpellation de Jean-Pierre Amougou Belinga, qu'il qualifie de « maladroite », évoquant des violences subies par l'homme d'affaires au moment de son arrestation.
Cette analyse, portée sur un plateau de télévision par un commentateur, ne reflète qu'une lecture parmi d'autres du dossier, qui reste activement débattu par les parties au tribunal militaire de Yaoundé. Elle contraste notamment avec certains témoignages versés à la procédure, comme celui du colonel Jean-Pierre Otoulou, qui a évoqué des versements financiers de l'homme d'affaires à Justin Danwe et une intensification des communications entre les deux hommes à l'approche de l'enlèvement du journaliste — des éléments que la défense de Jean-Pierre Amougou Belinga conteste précisément, et sur lesquels le tribunal devra se prononcer.
Le procès, qui se poursuit dans les prochaines semaines, devra donc trancher entre ces lectures opposées du dossier, alors que la défense des différents accusés continue, comme l'illustrent les propos de St-Éloi Bidoung, de mettre l'accent sur les vices de procédure et les conditions d'interpellation plutôt que sur la matérialité même des faits reprochés.