Du jamais vu : 105 milliards de francs CFA disparaissent dans un compte à Douala

Autoroute Douala Yaounde Rond Point.jpeg Un déficit d'argent

Mon, 7 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

C'est presqu'incroyable s'il n'y avait pas de preuves. Un tel montant devenu un déficit, c'est assez rare pour être souligné. Il s'agit d'une affaire liée à un projet censé développer la ville de Douala. Ce que nous avons découvert quand nous sommes allés à la pêche des informations.

Le Projet de mobilité urbaine de Douala (Pmud), qui inclut le futur Bus Rapid Transit (BRT), fait face à un déficit de financement de 104,6 milliards de francs CFA. L'enveloppe disponible initialement est de 260,8 milliards de francs.

Le coût actualisé au 17 juillet 2026 est de 365,4 milliards de francs CFA toutes taxes comprises. L'écart est donc de 104,6 milliards de francs CFA.

Pourquoi ce trou, se demande le lanceur d'alerte Boris Bertolt qui prend le soin de répondre lui-même à sa question. Principalement à cause de l'extension des voies de rabattement (les routes qui alimentent le corridor principal du BRT).

On est passé à environ 66,8 km supplémentaires, ce qui porte le réseau de voiries de rabattement à environ 80 km. Sans ces extensions, le coût hors taxes était d'environ 226 milliards. Avec les extensions, il est à 306,4 milliards hors taxes (+80,4 milliards). En ajoutant environ 58,9 milliards de TVA, on arrive aux 365,4 milliards TTC.

Quelle est la décision de l'État ? Le gouvernement, fait savoir Boris Bertolt, a accepté de prendre en charge la TVA sur certains achats de biens et services liés aux marchés du projet. Cette décision a été confirmée par le ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (Alamine Ousmane Mey) au maire de Douala, Roger Mbassa Ndine.

Aussi, « la dépense sera imputée sur la ligne budgétaire destinée aux contributions de l'État en TVA, droits et taxes de douane pour les projets à financement conjoint dans le secteur de l'habitat et du développement urbain », nous fait-on savoir. Sur la question de savoir ce que ça change, cette prise en charge de la TVA (près de 59 milliards) constitue une première réponse au déficit. Elle ne réduit pas le coût réel des travaux, mais allège la charge financière pour le projet et aide à préserver le périmètre élargi, notamment les 80 km de voies de rabattement.

Le reste du trou, termine Bertolt, « devra encore être comblé, soit par des discussions avec la Banque mondiale qui est le principal bailleur ou soit par d'éventuels ajustements du projet. C'est une mesure fiscale classique pour soutenir un grand projet d'infrastructure urbain co-financé ».

Seul couac, selon un spécialiste de BTP que nous avons consulté, l'argent (le surplus) est pris en compte dans tout projet d'infrastructures et donc en l'occurrence aurait été « détourné par les grands responsables sur ce projet précis ». Ils ont des moyens pour « faire disparaitre cet argent des caisses et des archives en mettant tout sur le dos d'imprévu », a-t-il insisté. Cela nous amène à deux sources, deux versions différentes.

Source: www.camerounweb.com