Le « Protocole de Yaoundé », manifeste numérique en quête de preuves

Abdel Akimi Ngapout Ngouh Abdel Akimi Ngapout Ngouh présentant son ouvrage consacré à la souveraineté numérique africaine

Mon, 7 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Le livre veut répondre à l’intelligence artificielle par une architecture africaine de puissance. Ses propositions stimulent le débat, mais leur faisabilité doit encore affronter le droit, les coûts et la confiance.

Abdel Akimi Ngapout Ngouh présente dans son ouvrage « Protocole de Yaoundé » une stratégie de souveraineté numérique pour le Cameroun et, plus largement, l’Afrique. Parmi ses idées figurent un « Binaire CFA », un fonds souverain numérique et une infrastructure baptisée CameroonChain.

Ces concepts sont des propositions d’auteur, pas des programmes publics adoptés. Une monnaie numérique engage la banque centrale, la stabilité financière, la cybersécurité et la protection des données. Une blockchain d’État doit, elle, démontrer qu’elle résout mieux un problème qu’une base de données classique, à un coût soutenable.

L’intérêt de l’essai réside dans la question qu’il impose : qui contrôlera les données, les modèles d’intelligence artificielle et les infrastructures de paiement utilisées par les Africains ? Dépendre uniquement de plateformes étrangères peut limiter la capacité d’audit, la fiscalité locale et l’adaptation aux langues nationales.

Le débat gagnerait maintenant à quitter le vocabulaire de la souveraineté pour entrer dans celui des prototypes. Gouvernance, budget, compétences disponibles, audit indépendant et bénéfice concret pour l’usager permettront de distinguer une vision mobilisatrice d’une architecture réellement déployable.

Source: www.camerounweb.com