Ngoh Ngoh et Mouelle Kombi jetés en prison: l’État du Cameroun définitivement condamné à verser près de 250 milliards FCFA à Piccini

Ngoh Ngoh Et Mouelle KombiII Image illustrative

Mon, 7 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Le feuilleton judiciaire autour du chantier du complexe sportif d’Olembé connaît son épilogue. La justice a définitivement donné gain de cause au groupe italien Gruppo Piccini, condamnant l’État du Cameroun à une indemnisation de près de 250 milliards de francs CFA pour éviction abusive. Une décision aux lourdes conséquences pour les finances publiques.

L’affaire remonte à novembre 2019. Le ministre des Sports de l’époque, Narcisse Mouelle Kombi, résilie unilatéralement le contrat liant l’État à l’entreprise italienne Gruppo Piccini, en charge depuis 2015 de la construction du stade de 60 000 places destiné à accueillir la Coupe d’Afrique des Nations 2021. Motif invoqué : des « retards accumulés » et un « abandon du chantier » qui menaçaient la tenue de la compétition. Le marché est alors confié en urgence au canadien Magil Construction.

Piccini conteste cette décision, estimant avoir été évincée de manière abusive alors que son contrat, d’un montant initial de 163 milliards FCFA, restait exécutable. L’entreprise saisit alors le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’organe d’arbitrage de la Banque mondiale à Washington.

Après plusieurs années de procédure, la justice a tranché en faveur du groupe italien. La décision est sans appel : l’État du Cameroun est condamné pour rupture abusive de contrat. L’indemnisation s’élève à près de 250 milliards de francs CFA, soit plus de 381 millions d’euros, que Yaoundé devra verser à Piccini.

Ce montant s’ajoute aux 113 milliards de francs CFA déjà perçus par l’entreprise entre 2015 et 2019, portant la facture totale du stade à plus de 500 milliards de francs CFA. Cette condamnation intervient dans un contexte où le Cameroun fait déjà face à une accumulation de contentieux arbitraux dépassant les 600 milliards de francs CFA, selon la Chambre des comptes.

Mais le feuilleton Olembé n’est peut-être pas terminé. Magil Construction, qui a repris le chantier après l’éviction de Piccini avant de voir son contrat résilié à son tour, réclame également 17 milliards de francs CFA devant la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris. L’addition totale des deux contentieux atteint ainsi 267 milliards de francs CFA.

Le stade, inauguré partiellement en janvier 2022 pour les besoins urgents de la CAN, reste aujourd’hui inachevé. Le chantier est à l’arrêt total depuis 2022. Face à ces deux échecs successifs avec des prestataires internationaux, le gouvernement envisagerait désormais une reprise du chantier « en régie », sous la maîtrise d’œuvre directe du ministère des Sports. Une option rare pour une infrastructure de cette ampleur, qui témoigne de l’ampleur du fiasco.

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