Jeunes apprentis travaillant dans un atelier de formation professionnelle à Maroua
Former n’a de sens que si le territoire peut utiliser la compétence. Dans l’Extrême-Nord, le défi consiste à relier les ateliers aux filières qui recrutent réellement.
Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mounouna Foutsou, a effectué le 2 septembre une visite de structures de formation à Maroua. Le déplacement met en avant le programme « Un jeune, un métier, un emploi » et l’adaptation des cursus aux besoins du marché.
L’idée de territorialiser la formation est décisive. Les besoins de l’Extrême-Nord ne sont pas identiques à ceux de Douala. Agrotransformation, maintenance solaire, irrigation, bâtiment, froid ou réparation de motos peuvent offrir des débouchés lorsque les contenus, les équipements et les maîtres d’apprentissage suivent.
Le risque est de mesurer le programme au nombre d’inscrits ou de certificats distribués. Un indicateur plus solide serait la part des diplômés employés, installés à leur compte ou encore actifs douze mois après la sortie. Il faut aussi suivre les revenus et la survie des petites activités créées.
Les employeurs locaux doivent participer à la définition des compétences et accueillir des stages encadrés. Pour un jeune, la promesse n’est pas un atelier flambant neuf. C’est la possibilité de transformer un savoir-faire en emploi régulier, sans devoir quitter sa région faute de débouché.