Dernière minnute :nouveau rebondissement dans l'affaire de démission de Maurice Kamto au MRC

Kamto Et Le Mrc Image illustrative

Tue, 8 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Le directoire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a pris acte des démissions du président Maurice Kamto et de son premier vice-président Mamadou Mota, annoncées ce mardi 8 septembre. Une convention extraordinaire est convoquée le 10 octobre prochain pour élire un nouveau patron, dans un contexte marqué par des contestations judiciaires et administratives.

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) tourne une page de son histoire. Par un communiqué signé de son porte-parole Justin Roger Noah, le directoire national du parti a officiellement pris acte ce mardi des démissions du président national Maurice Kamto et de son premier vice-président Mamadou Mota. La procédure de succession est désormais enclenchée.

Selon la communication du parti, les candidats intéressés par la succession de Maurice Kamto ont jusqu'au 9 octobre prochain pour déposer leurs dossiers de candidature. L'élection du nouveau président national se tiendra lors d'une convention extraordinaire prévue le 10 octobre, conformément aux textes du parti

Cette double démission intervient à un moment charnière pour le principal parti d'opposition camerounais. La légitimité de Maurice Kamto à la tête du MRC était contestée depuis plusieurs mois sur deux fronts : judiciaire et administratif.

D'un côté, des militants, dont Willy Mengue, ont saisi le Tribunal de première instance d'Ekounou pour contester la régularité du retour de Maurice Kamto à la présidence du parti. Selon les plaignants, après sa démission en juin 2025 pour rejoindre le MANIDEM et porter sa candidature à l'élection présidentielle, son retour en septembre 2025 ne respectait pas les statuts du MRC, qui imposent un délai de trois ans de militantisme avant de pouvoir briguer un poste de direction. Le directoire du parti n'avait jamais constaté sa démission ni organisé une convention dans le délai de 60 jours prévu par les textes.

De l'autre côté, le ministère de l'Administration territoriale (MINAT), dirigé par Paul Atanga Nji, refusait de reconnaître les instances issues de la convention extraordinaire de décembre 2025 qui avait reconduit Maurice Kamto avec 95,44% des suffrages. Dans une correspondance datée du 19 août 2026 adressée à l'un des cadres exclus du parti, le MINAT justifiait cette position par l'interdiction préalable de la convention par le Sous-préfet de Yaoundé 4. Le ministère affirmait ne pas avoir « jugé opportun de prendre acte de la convention » qui avait ramené Kamto à la tête du parti.

Des réactions politiques contrastées

La démission de Maurice Kamto a suscité des réactions dans la classe politique. Valère Bessala, président du parti Jouvance, a salué un « très beau dribble », estimant que cette décision permet désormais aux forces de l'opposition de se concentrer sur la préparation des élections législatives et municipales de 2027. De son côté, André Marie Tassa, responsable du MRC à l'Ouest, a réaffirmé dans une lettre son « soutien indéfectible » à Maurice Kamto et aux résolutions du directoire qui avaient acté son retour en décembre 2025.

Cette transition à la tête du MRC intervient alors que les échéances électorales de 2027 se rapprochent. La question de la reconnaissance administrative du futur président du parti sera cruciale pour la participation aux élections législatives et municipales. Le directoire national du MRC, désormais chargé d'organiser la succession, devra veiller à respecter scrupuleusement les statuts du parti et les exigences administratives pour éviter que la crise de légitimité ne se reproduise.

Source: www.camerounweb.com