Le ministre défend la nouvelle architecture de la vice-présidence.
Paul Atanga Nji veut clore ce qu’il décrit comme une chasse aux sorcières autour de la vice-présidence. Sa tribune défend le choix d’un vice-président nommé. Mais les questions institutionnelles soulevées par la réforme d’avril ne disparaissent pas avec le ton offensif du ministre.
La loi constitutionnelle du 14 avril 2026 crée un poste dont le titulaire est nommé et peut être révoqué par le président de la République. En cas de vacance, il assume la fonction suprême, avec des limites particulières : il ne peut notamment engager une révision constitutionnelle ni se présenter à l’élection suivante.
Le Parlement avait approuvé la réforme par 200 voix contre 18, avec quatre abstentions. Pour ses défenseurs, le dispositif prépare une continuité claire de l’État. Pour ses critiques, la concentration du choix entre les mains du chef de l’État réduit la légitimité démocratique d’un successeur potentiel.
La tribune d’Atanga Nji privilégie la stabilité et compare implicitement plusieurs modèles étrangers. Or une institution ne se juge pas seulement à son intitulé. La transparence de la nomination, l’étendue des délégations, les incompatibilités et le contrôle parlementaire détermineront sa pratique réelle.
Le débat devrait donc revenir au texte plutôt qu’aux personnes pressenties. Tant qu’aucune nomination n’est annoncée, les spéculations alimentent les rivalités sans éclairer les citoyens. Publier les règles d’exercice et leurs garanties serait plus utile que de réduire toute interrogation à une manœuvre politique.