Coup de tonnerre : Un ancien militant du RDPC traine le parti devant les tribunaux

Jean Nkuete Rdpc L’enjeu dépasse désormais le seul contentieux interne du RDPC

Wed, 9 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

C'est la panique générale au sein du parti au pouvoir. Le président national de l’OMP et ancien militant du RDPC, Léon Theiller Onana, demande au Tribunal de grande instance du Mfoundi l’enrôlement urgent d’une procédure introduite en juillet 2025. Celle-ci vise notamment à contester la validité des résolutions adoptées par le Bureau politique du RDPC le 3 novembre 2016 et les actes pris depuis lors sur leur fondement.

LÉON THEILLER ONANA SOMME LA JUSTICE D’ENRÔLER SA PROCÉDURE CONTESTANT LA RÉGULARITÉ DES INSTANCES DU RDPC

Un nouveau front judiciaire se dessine autour du fonctionnement interne du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Dans une correspondance datée du 4 septembre 2026, Léon Theiller Onana, désormais président national de l’Organisation du Mouvement Patriotique (OMP), demande au président du Tribunal de grande instance du Mfoundi, Camille Faustin Alima, l’enrôlement « formel et urgent » d’une procédure qu’il avait introduite le 2 juillet 2025.

Cette procédure, enregistrée sous le numéro 2824, vise notamment à faire constater la nullité des résolutions adoptées lors de la réunion du Bureau politique du RDPC du 3 novembre 2016 au Palais de l’Unité. Léon Theiller Onana demande également que soient tirées les conséquences juridiques des actes pris depuis lors par les organes et responsables du parti sur le fondement de ces résolutions.

Au moment de saisir la justice en juillet 2025, Onana affirme qu’il était encore militant du RDPC. S’il dirige aujourd’hui l’OMP, il soutient que son changement d’appartenance politique ne saurait faire disparaître une procédure régulièrement engagée lorsqu’il avait, selon lui, qualité et intérêt à agir.

Mais c’est surtout l’absence d’enrôlement de l’affaire qui provoque sa colère. Plus de quatorze mois après l’enregistrement de sa requête, il affirme que celle-ci n’a toujours pas été examinée. Il établit un parallèle avec les contentieux internes d’autres formations politiques, dont certaines procédures auraient, selon sa correspondance, déjà été enrôlées et donné lieu à plusieurs audiences.

Pour Léon Theiller Onana, cette différence de traitement pose directement la question de l’égalité devant la justice. Il rappelle qu’à l’occasion de l’élection présidentielle de 2025, des controverses sur la régularité interne d’un autre parti, le MANIDEM, avaient eu des conséquences sur la recevabilité d’une candidature. Selon lui, la régularité des organes dirigeants d’une formation politique ne peut donc être considérée comme une simple affaire interne lorsqu’elle produit des effets électoraux.

« La justice ne saurait être diligente pour les uns et silencieuse pour les autres », écrit-il, invoquant l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il précise toutefois ne pas demander au président du tribunal de préjuger de l’issue du contentieux, mais simplement de permettre que le juge soit saisi, que les parties soient entendues et que le droit soit dit.

L’ancien militant du RDPC hausse néanmoins le ton. Sa lettre constitue, affirme-t-il, une « demande formelle de diligence » et une demande expresse d’enrôlement. Il prévient qu’une persistance de la situation pourrait le conduire à saisir « toute autorité compétente » afin de préserver ses droits et les exigences de l’État de droit.

L’enjeu dépasse désormais le seul contentieux interne du RDPC. À l’approche des prochaines élections législatives et municipales évoquées dans la correspondance, Léon Theiller Onana place la justice camerounaise face à une question sensible : les contestations relatives à la régularité des instances du parti au pouvoir bénéficieront-elles du même traitement juridictionnel que celles concernant les partis d’opposition ?

Boris Bertolt

Source: www.camerounweb.com