Remaniement de Jacques Fame Ndongo : Dion Ngute propose Joseph Fouda, Ngoh Ngoh avance Laurent Serge Etoundi Ngoa

PAUL BIYA SIGNATURE CC Image illustrative

Thu, 10 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Alors que le remaniement gouvernemental se fait toujours attendre, deux noms circulent pour remplacer le ministre d'État chargé de l'Enseignement supérieur. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute propose son secrétaire général, Joseph Fouda, tandis que le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh avance l'actuel ministre de l'Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa.

C'est une information exclusive qui éclaire d'un jour nouveau les luttes d'influence au sommet de l'État camerounais. Selon nos sources, deux propositions distinctes ont été soumises au président Paul Biya pour remplacer le Pr Jacques Fame Ndongo à la tête du ministère de l'Enseignement supérieur.

D'un côté, le Premier ministre Joseph Dion Ngute aurait proposé son propre secrétaire général, Joseph Fouda. De l'autre, le secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, aurait avancé le nom de l'actuel ministre de l'Éducation de base, le Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa.

Jacques Fame Ndongo, une longévité exceptionnelle

En poste depuis 2004, le Pr Jacques Fame Ndongo est l'un des plus anciens membres du gouvernement camerounais. Ministre de la Communication de 2004 à 2011, il a ensuite été nommé à la tête du ministère de l'Enseignement supérieur, fonction qu'il occupe depuis lors. Le 30 janvier 2026, il présidait encore la cérémonie des vœux de la communauté universitaire à l'Université de Yaoundé I, fixant « le cap pour 2026 » dans un contexte marqué par les défis de modernisation du système universitaire.

Son long passage à la tête du MINESUP a toutefois suscité de nombreuses critiques, notamment concernant les conditions de travail dans les universités publiques, les retards dans le paiement des bourses et les tensions sociales récurrentes sur les campus.

La proposition du Premier ministre Dion Ngute de nommer Joseph Fouda à l'Enseignement supérieur s'inscrit dans une logique de continuité administrative. Ce haut fonctionnaire, qui a rang et prérogatives de ministre, est Secrétaire Général des Services du Premier Ministre depuis octobre 2015.

Dans cette fonction, il assiste le Premier Ministre dans l'accomplissement de sa mission : il reçoit les directives relatives à l'organisation du Gouvernement, veille à la réalisation des programmes d'action gouvernementale, instruit les dossiers confiés par le Premier Ministre et assure la liaison avec le Secrétariat Général de la Présidence de la République. Il exerce également le rôle de conseil juridique du Gouvernement et assure la préparation des Conseils de Cabinet et des réunions interministérielles.

Ce profil administratif et juridique pourrait constituer un atout pour piloter un ministère aux enjeux complexes, mêlant gestion des ressources humaines, finances et gouvernance universitaire.

La proposition de Ferdinand Ngoh Ngoh s'oriente vers un profil plus conforme aux exigences du secteur. Le Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa dirige actuellement le ministère de l'Éducation de base. En mars 2026, il a signé avec la FECAFOOT un accord de mise en œuvre du programme « Football for school » au Cameroun. En avril 2026, il a été porté à la tête de la Conférence des ministres de l'Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN).

Son expérience dans le secteur éducatif et sa connaissance des enjeux de formation en font un candidat crédible pour piloter l'Enseignement supérieur. Sa nomination éventuelle s'inscrirait dans une continuité académique, mais représenterait également une promotion significative.

Ces tractations interviennent alors que le Cameroun attend depuis plusieurs mois la formation d'un nouveau gouvernement. Sept mois après la prestation de serment de Paul Biya pour un huitième mandat, le remaniement promis n'a toujours pas eu lieu. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute et son équipe, en fonction depuis 2019, continuent de gérer les affaires courantes.

Selon des observateurs cités par la presse, certains ministres adopteraient une posture prudente dans le traitement des dossiers, « par peur de l'inconnu ». Le ministre délégué à la Justice, Jean de Dieu Momo, a pour sa part estimé que « le président aurait d'autres préoccupations que de faire un remaniement ministériel ».

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