Les textes sont désormais moins importants que les preuves. À Abidjan, la délégation camerounaise devra montrer que banques, professions non financières et administrations appliquent réellement les réformes annoncées.
Jean Bertin Meba, directeur par intérim de l’Agence nationale d’investigation financière, affirme que sept actions restent à satisfaire sur les 24 inscrites dans le plan initial. Le Cameroun est placé sous surveillance renforcée depuis juin 2023, sans que cette inscription signifie automatiquement que son système financier tout entier serait criminel.
Les chantiers résiduels portent notamment sur la supervision fondée sur les risques, le contrôle des institutions financières non bancaires et des professions non financières, les échanges avec les déclarants, la gestion des avoirs gelés ou confisqués et l’application de sanctions financières ciblées.
La distinction entre réforme juridique et efficacité opérationnelle est centrale. Créer une obligation de déclaration ne suffit pas : il faut montrer que les alertes pertinentes sont transmises, analysées puis, lorsque les preuves existent, suivies d’enquêtes et de décisions conformes au droit.
Une délégation doit défendre un nouveau rapport à Abidjan. Elle espère obtenir la levée de plusieurs points encore sous suivi. L’enjeu économique est réel : une présence prolongée sur la liste grise peut alourdir les contrôles et les coûts des transactions. Mais la sortie durable exige des résultats vérifiables, pas une communication optimiste