Une classe camerounaise équipée d’un ordinateur et d’un projecteur pendant un cours interactif
Le 7 septembre, l’intelligence artificielle était encore un mot d’ordre de rentrée. Deux jours plus tard, des écoles décrivent enfin des usages concrets — et révèlent, en creux, l’inégalité des moyens entre établissements.
Au lycée bilingue d’Ekounou à Yaoundé, l’administration annonce des ateliers internes pour les enseignants peu familiers avec l’informatique et l’usage encadré de l’IA dans la préparation des cours. L’établissement devient aussi un centre pilote d’éducation inclusive pour élèves malvoyants ou à mobilité réduite.
À Saker Baptist College de Limbé, les onze séries des classes de Forms 1 et 2 seraient équipées d’ordinateurs et de projecteurs. D’autres écoles évoquent la langue des signes, l’encouragement des filles vers les sciences ou des mesures pour maintenir les élèves enceintes dans leur parcours.
Ces expériences donnent un contenu nouveau à la politique nationale, mais elles ne constituent pas encore un déploiement uniforme. Une classe projetée n’est pas automatiquement interactive ; un outil d’IA n’améliore pas le cours sans formation, vérification des résultats et règles sur les données des élèves.
L’évaluation devrait comparer plusieurs réalités : écoles urbaines et rurales, publiques et privées, francophones et anglophones. Le bon indicateur sera moins le nombre d’écrans que la qualité des apprentissages, l’accessibilité et la capacité des enseignants à garder la maîtrise pédagogique.