Les statistiques circulent facilement chaque 10 septembre. Beaucoup sont anciennes, mélangent années et indicateurs, puis disparaissent. La prévention, elle, exige une écoute disponible le lendemain matin.
À l’occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, l’Association camerounaise de lutte contre le suicide a rappelé l’existence de plus de 2 333 cas enregistrés. D’autres chiffres cités dans le débat renvoient à une évolution du taux entre 2012 et 2016 et à un écart important entre hommes et femmes.
Ces données ne décrivent pas nécessairement l’année 2026. Leur période, leur méthode et leur dénominateur doivent être précisés. L’Organisation mondiale de la santé souligne d’ailleurs que la qualité de l’enregistrement varie et que chaque décès évitable nécessite une réponse multisectorielle.
Au-delà du comptage, le Cameroun ne disposerait toujours pas d’une ligne nationale gratuite d’écoute clairement identifiable. Les obstacles comprennent stigmatisation, coût des soins, faible nombre de spécialistes et tendance à traiter la détresse comme faiblesse morale ou problème strictement familial.
Une stratégie utile réunirait données récentes, formation des soignants de première ligne, accompagnement après tentative et information responsable des médias. En cas de danger immédiat, la priorité reste de contacter les services d’urgence locaux ou une personne de confiance et de ne pas laisser la personne seule.