Derrière le parcours d'Alamine Ousmane Mey se dessine l'histoire d'une famille politique du Grand Nord aux trajectoires remarquablement dissemblables. Une enquête de Jeune Afrique révèle comment les fils d'un même baron du Nord ont emprunté des voies politiques radicalement différentes, allant de la fidélité au pouvoir jusqu'à l'engagement dans l'opposition.
Selon Jeune Afrique, Alamine Ousmane Mey est le fils d'Abba Ousmane Mey, ancien gouverneur du Grand Nord sous Ahmadou Ahidjo, devenu ensuite conseiller officieux de Paul Biya et président du conseil d'administration de la Caisse nationale de prévoyance sociale. L'enquête décrit un homme qui jouait volontiers les intermédiaires entre les populations du Logone-et-Chari et l'administration centrale de Yaoundé, n'hésitant pas à frapper à toutes les portes nécessaires pour répondre aux besoins de sa communauté.
Jeune Afrique dresse le tableau d'une fratrie aux choix divergents : Mouhtar Ousmane Mey, ancien directeur de l'École nationale d'administration locale, décrit comme un tribun et un porte-étendard du RDPC dans le Logone-et-Chari ; Alamine, le ministre discret et technocrate, qui a choisi une voie plus institutionnelle et effacée ; et Aboubakar Ousmane Mey, qui a fait le choix, selon l'enquête, de militer au sein de l'opposition, en dépit de la proximité historique de sa famille avec le pouvoir.
L'enquête cite une source proche de la famille qui apporte un éclairage précieux sur ces trajectoires divergentes : le père Ousmane Mey aurait été « quelqu'un de très libéral », qui ne cherchait pas à contraindre ses fils à suivre ses propres traces. Un héritage éducatif qui expliquerait, selon Jeune Afrique, la pluralité inhabituelle des engagements politiques au sein d'une même famille de notables du Nord.
Ce que cette configuration familiale, documentée par Jeune Afrique, met en lumière, c'est la complexité du paysage politique septentrional camerounais, où l'appartenance à une grande famille de notables ne détermine plus mécaniquement l'allégeance politique de ses membres — une évolution qui pourrait, à terme, rendre plus incertaine encore la question de savoir quelle figure sera capable de fédérer durablement les trois régions du Grand Nord.