Révélations Jeune Afrique : banquiers, élus, hauts fonctionnaires — l'affaire Fouda-Mbapou s'étend bien au-delà des cercles militaires

FOUDA PROCES Image illustrative

Wed, 16 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Le calendrier des auditions programmées en septembre dans l'affaire Fouda-Mbapou donne une idée saisissante de l'ampleur du réseau présumé d'escroquerie que les enquêteurs cherchent à démêler. Une enquête de Jeune Afrique dévoile la liste des personnalités convoquées devant la gendarmerie, révélant des ramifications qui traversent l'armée, la banque, l'administration et la classe politique camerounaise.

Selon Jeune Afrique, les colonels retraités Jean-Jacques Fouda et Joël Émile Bamkoui, ancien responsable de la Sécurité militaire, étaient attendus devant les enquêteurs le 10 septembre. La convocation de cette dernière figure, dont le nom reste associé à l'un des services de renseignement les plus redoutés du dispositif sécuritaire camerounais, illustre à elle seule le niveau des responsabilités potentiellement concernées par cette affaire.

La banque, l'Assemblée nationale et les collectivités locales également concernées

Jeune Afrique détaille la suite du calendrier : Jean Gakam, administrateur d'Afriland First Bank, Guillaume Mbakam Chougha, député du RDPC, ainsi que Patrice Samen, maire de Nkongsamba II, devaient être entendus le 15 septembre. Jean Sylvain Mvondo, directeur de la programmation des investissements publics, est quant à lui annoncé pour le 19. Une diversité de profils qui suggère, selon l'enquête, un réseau dont les ramifications dépasseraient largement le seul cercle militaire d'où est partie l'affaire.

Des promesses de nominations et de marchés publics au cœur du dossier

Ce que révèle l'enquête de Jeune Afrique sur le mode opératoire présumé éclaire cette diversité : le réseau aurait utilisé le nom de Joseph Fouda — lequel se présente comme victime d'usurpation d'identité et a lui-même porté plainte — pour soutirer de l'argent en échange de promesses de nominations administratives ou d'attributions de marchés publics. Un mode opératoire qui explique naturellement que des personnes susceptibles de bénéficier de telles promesses, dans l'administration, les collectivités ou le secteur financier, se retrouvent aujourd'hui convoquées par les enquêteurs.

Jeune Afrique rappelle enfin l'ampleur financière du préjudice présumé : plusieurs centaines de millions, voire plusieurs milliards de francs CFA auraient été extorqués à des personnalités, parmi lesquelles la ministre de l'Habitat Célestine Ketcha Courtès. Des montants qui, cumulés à la diversité des profils aujourd'hui convoqués, donnent la mesure de ce que cette affaire pourrait encore révéler des mécanismes d'influence à l'œuvre dans l'attribution des nominations et des marchés publics au Cameroun.

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