Paul Biya livré : Messanga Nyamding, même au sein du RDPC, des voix s'élèvent contre la manipulation des institutions

Biya Rdpc.png Image illustrative

Mon, 21 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Le rétrécissement de l'espace de débat politique au Cameroun ne suscite pas seulement l'inquiétude de l'opposition : il provoque également des remous inattendus au sein même du parti au pouvoir. Une enquête de Jeune Afrique documente la fronde surprenante de certains parlementaires du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) contre la manière dont a été adopté le projet de loi créant le poste de vice-président de la République.

Selon Jeune Afrique, c'est le sénateur René Ze Nguélé, issu des rangs du RDPC, qui s'est publiquement offusqué de l'absence de débat entourant l'adoption de ce texte pourtant considéré comme institutionnellement majeur. L'enquête rapporte ses propos tenus directement face aux membres du gouvernement venus défendre le projet : « Si le président veut un vice-président, qu'il nous explique ce qu'il va faire à ses côtés », avant de dénoncer une « précipitation » qu'il a qualifiée de « suspecte ».

L'élément le plus saisissant de cette intervention, documenté par Jeune Afrique, tient à la formule employée par le sénateur pour conclure son propos : « La manipulation des institutions, des scrutins est une maladie qui tue les États africains. » Une déclaration d'une rare fermeté venant d'un responsable du parti au pouvoir lui-même, qui illustre l'existence de tensions internes bien réelles au sujet de la gouvernance du pays, en dépit de l'apparente unité de façade affichée par le RDPC.

Ce que révèle en creux cette enquête de Jeune Afrique, c'est l'existence d'une fracture entre une ligne dure au sein du pouvoir et des voix plus modérées, y compris parmi les élus du parti présidentiel, qui réclameraient une plus grande inclusion des différentes forces vives de la nation dans l'élaboration des textes institutionnels majeurs. Malgré la prise de position audacieuse de René Ze Nguélé, largement partagée en privé selon l'enquête par nombre de responsables du pouvoir, le projet de loi a finalement été adopté sans amendement substantiel — signe que c'est bien la ligne dure qui continue de dicter le tempo institutionnel du pays.

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