Assassinat : graves accusations contre Ferdinand Ngoh Ngoh, un bras droit d'Amougou Belinga crache tout

Ngoh Ngoh Face A La Camera Image illustrative

Mon, 21 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans l'émission Travelling sur Balafon TV, les journalistes Christophe Bobiokono et Boney Philippe ont livré une analyse critique de la conduite du procès de l'assassinat de Martinez Zogo. Ils pointent du doigt l'utilisation d'éléments fragiles pour impliquer de hautes personnalités, notamment le secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, et dénoncent les attitudes ciblées de l'avocate des ayants droit.

La parole se libère sur les plateaux de télévision. Dans l'émission Travelling sur Balafon TV, le journaliste Christophe Bobiokono a exprimé un scepticisme profond quant à l'exploitation des communications entre Martinez Zogo et le secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh.

« Jamais je n'ai vu trace d'une information qui pouvait dire que Martinez Zogo est en danger »

« Les captures d'écran des communications entre le SGPR et Martinez Zogo, c'est un ensemble de messages que Martinez Zogo envoie à ce SGPR de manière univoque, dans un sens », a-t-il observé. « Jamais je n'ai vu là-bas trace d'une information qui pouvait dire que Martinez Zogo est en danger ou pas. Je ne sais pas comment on peut faire intellectuellement pour déduire que sur cette base, le secrétaire général de la Présidence de la République est impliqué. »

Il a également évoqué les échanges entre le journaliste et une personne surnommée « Madame SGPR ». « Il y a beaucoup de familiarité dans les échanges. Ils doivent se connaître. Martinez Zogo demande les dépannages, on lui en donne. » Une relation personnelle qui, pour le journaliste, ne saurait constituer une preuve de culpabilité.

« On ne peut pas construire des accusations sur des personnalités simplement parce qu'on les a affichées »

Christophe Bobiokono établit un parallèle avec le traitement réservé au colonel Justin Danwé. « C'est pareil avec ce qui s'est passé avec monsieur Danwé, où le commissaire du gouvernement a pris presque une heure pour rappeler les échanges entre monsieur Danwé et monsieur Mopa. » Une manière de souligner que la répétition d'éléments, aussi nombreux soient-ils, ne suffit pas à établir une preuve.

Sa conclusion est sans appel : « On ne peut construire des accusations sur des personnalités simplement parce qu'on les a affichées. »

Les critiques visent aussi l'avocate des ayants droit

Sur le même plateau, le journaliste Boney Philippe a porté un regard critique sur l'attitude de l'avocate qui s'est constituée pour défendre les ayants droit de Martinez Zogo. « Il y a une avocate qui s'est constituée pour défendre les ayants droit et permettre à la famille du défunt de savoir qui l'a tué. Mais cette avocate, ses attitudes, son comportement, ses prises de parole à la barre ne sont que ciblés », a-t-il déploré.

Une critique qui fait écho aux tensions observées lors des audiences, notamment lorsque Me Félicité Esther Zeifman a interrogé le lieutenant-colonel Bialo sur la disparition d'un iPhone dans l'enquête préliminaire, ou lorsqu'elle a contesté la compétence du tribunal militaire pour juger des civils.

Boney Philippe a également révélé les coulisses de son propre positionnement éditorial. « Nous traitons l'information dans le cadre de l'affaire Martinez Zogo en opposant une réplique à des journalistes, à des médias qui ont décidé de présenter à l'opinion un coupable. Et de ce point de vue, il est possible que nous répondions plutôt à certains médias que de traiter l'information. »

Cette déclaration dit l'essentiel : l'affaire Martinez Zogo est devenue un terrain d'affrontement médiatique, où chaque camp accuse l'autre de manipuler l'opinion. Entre ceux qui estiment que le procès vise à protéger de hautes personnalités et ceux qui dénoncent une campagne de déstabilisation, la vérité judiciaire peine à émerger.

Ces prises de position interviennent alors que le procès se poursuit devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Le 14 septembre 2026, le colonel Justin Danwé a affirmé avoir reçu l'ordre de l'opération avant sa rencontre avec Amougou Belinga, une déclaration qui bouscule la chronologie établie. Le lendemain, le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo a reconnu que le nom du ministre de la Justice, Laurent Esso, n'était jamais apparu dans son enquête.

Pour Christophe Bobiokono et Boney Philippe, ces éléments confirment une réalité : le dossier repose sur des bases fragiles, et la tentation de désigner des coupables avant que la justice n'ait tranché est grande. Reste à savoir si les débats à venir permettront de dépasser les postures pour établir les faits.

Source: www.camerounweb.com