Ces annonces interviennent dans un contexte social tendu
Le MINESUP affirme avoir déjà réglé 7,294 milliards FCFA sur une dette académique de 16,959 milliards FCFA concernant huit universités, avec un apurement progressif du reliquat.
Alors que le bras de fer avec les enseignants-chercheurs se poursuit, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, multiplie les annonces sur le paiement des primes et le fonctionnement des campus. Dans deux communiqués publiés ce 21 septembre 2026, le MINESUP affirme que les engagements financiers de l’État sont progressivement exécutés et que les activités académiques se poursuivent dans les universités publiques.
Première annonce : les enseignants-chercheurs payés par billetage au titre de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire peuvent percevoir, dès ce 21 septembre à 16 heures, leurs primes du deuxième trimestre 2026 au 10e étage de l’immeuble ministériel n°2 à Yaoundé. Pour ceux payés par virement bancaire, le ministère indique que les opérations ont commencé le 18 septembre, suivant la programmation du ministère des Finances et les disponibilités de trésorerie.
Le MINESUP revient également sur la dette académique concernant huit universités d’État créées avant le 5 janvier 2022. Son montant est évalué à 16,959 milliards FCFA. Le communiqué affirme que 7,294 milliards FCFA ont déjà été payés depuis le 31 décembre 2025 et annonce un apurement progressif du reliquat. Le document chiffre celui-ci à 9,696 milliards FCFA. À noter toutefois qu’en soustrayant les 7,294 milliards déjà payés des 16,959 milliards annoncés, le solde ressort arithmétiquement à 9,665 milliards FCFA, soit un écart de 31 millions FCFA avec le montant inscrit dans le communiqué.
Ces annonces interviennent dans un contexte social tendu. Le SYNES maintient sa grève illimitée lancée le 3 septembre, réclamant notamment le règlement des allocations et de la dette académique. Le gouvernement met, de son côté, en avant la continuité du service public.
Dans un second communiqué de quatre pages, Jacques Fame Ndongo dresse ainsi un état des activités dans les universités de Bamenda, Bertoua, Buea, Douala, Dschang, Ebolowa, Garoua, Maroua, Ngaoundéré, Yaoundé I et Yaoundé II. Préinscriptions, concours, soutenances, examens et enseignements sont signalés en cours selon les établissements.
Le ministère indique également que les cités universitaires accueillent les étudiants, que les centres médico-sociaux fonctionnent et que les bibliothèques sont ouvertes. La rentrée académique officielle reste fixée au 5 octobre 2026.
Jacques Fame Ndongo appelle enfin les responsables des institutions universitaires publiques et privées à maintenir un climat apaisé sur les campus. La confrontation entre le gouvernement et le SYNES se joue désormais autour d’une question centrale : le rythme d’apurement des sommes encore dues aux enseignants-chercheurs et les conditions d’une reprise complète des activités académiques.
Boris Bertolt